« Simon Werner à disparu… » + « Under dir die stadt » (« Sous toi, la ville ») = 2 films de la reprise Un Certain regard 2010

Fabrice Gobert, Christoph Hochhäusler, Un Certain regard Cannes 2010, sorties 22 sept et 15 déc 2010
En allant voir deux films de la reprise parisienne de la section parallèle Un Certain regard, je n’attendais rien de « Simon Werner a disparu… » et beaucoup de « The City below », le dernier film d’un des leader de l’école de Berlin, Christoph Hochhäusler, réalisateur du « Bois lacté » et de « l’Imposteur », deux films uniques. A l’arrivée, grande déception pour le film allemand et bonne surprise pour le film français…. 

« Simon Werner a disparu… » de Fabrice Gobert
(sortie 22 septembre 2010)



Pitch.
Mars 1992 en région parisienne, un élève de terminale C au lycée Léon Blum a disparu depuis plusieurs jours. Ses camarades de classe envisagent toutes les hypothèses de la fugue à l’enlèvement. Lors d’une soirée, deux d’entre eux découvrent un cadavre dans la forêt…
 
La construction narrative de ce film est habile, ardue et réussie, pas vraiment nouvelle avec un N puisqu’on a déjà vu le procédé de reprendre plusieurs fois la même scène sous différents points de vue, en ajoutant un élément déterminant à chaque fois. Dans une ville abstraite (ce qui est un peu le problème de l’assise du film), où des lycéens évoluent entre leur quartier d’habitation et le lycée, un éléve disparaît, puis, deux autres… Simon Werner sortait avec la belle Alice Cartier, si belle que les autres élèves osent à peine lui parler.
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photo Diaphana

Deux scènes récurrentes occupent le centre du film, d’abord, la soirée d’anniversaire où l’on revient encore et encore, qui démarre le film, de cette soirée partent deux jeunes gens se promener la nuit dans la forêt contigüe qui tombent sur un cadavre dont on voit une main dans les feuillages. Seconde scène, un match de foot avec un entraineur suspect où il se passe de drôles de choses comme Jeremy qui se blesse tout seul à la jambe. Flash-back dix jours auparavant, on va alors passer en revue les quelques protagonistes principaux de l’histoire un par un et leur vécu de ces dix jours : Jeremy, le copain timide d’Alice Cartier dont il est amoureux en silence, lui-même aimé par Laetitia, Alice, la plus belle fille du lycée, la seule à habiter dans une maison bourgeoise cossue que sa meilleure amie suit docilement, Rabier, le souffre-douleur et le fils du prof de physique soupçonné de pédophilie, les deux logeant dans un appartement de fonction au sein du lycée, Simon Werner, le séducteur vivant seul avec sa mère dépressive.
 


photo Diaphana

Les personnages sont naturels, l’ambiance tendue comme un arc, le film progresse comme un polar, la quête de la résolution d’une intrigue, où sont passé les élèves disparus? Y-a-t-il une malédiction qui frappe les élèves d’une même classe? D’où une fin decevante, bien que voulue banale en misfit avec les fantasmes et peurs de chacun, mais décevante quand même avec un pareil matériau, avec une si belle technique, d’autant que vers le derniers tiers, on commençait (fut-ce dans une structure circulaire…) à tourner un peu en rond. Sur une BO composée par le groupe New-yorkais Sonic Youth, Fabrice Gobert réalise  néanmoins un film brillant, lorgnant du côté de Gus Van Sant et des films d’ados, sachant extraire le fantastique du quotidien avec une grande vituosité, un réalisateur ayant d’entrée un style maîtrisé pour son premier long-métrage.
 

 

« Under dir die stadt » (« The City below », « Sous toi, la ville » ) de Christoph Hochhäusler
(sortie 15 décembre 2010)

  

Pitch.
Le coup de foudre entre un puissant dirigeant d’une banque et l’épouse d’un de ses employés qu’il va faire muter à l’autre bout du monde. Quand la jeune femme apprend l’imposture, elle rompt et désespère son amant beaucoup plus qu’il ne l’aurait cru…

Svenja, jeune femme oisive au passé opaque, rencontre Roland, un homme plus âgé qu’elle, par hasard dans une galerie d’art, tous deux sont mariés. Tous deux vont vivre une aventure passionnelle, irrationnelle. Ce que Svenja ignore, c’est que Roland, PDG d’une banque d’affaires, est le patron de son mari qu’il va envoyer au casse-pipe en Indonésie sous le couvert d’une promotion…
 

  
photo Arte

Film ambitieux se passant dans le milieu des requins de la haute finance. Film sur une passion partagée, une attirance irrésistible. Deux thèmes qui ne seyent pas au réalisateur chef de file de l’Ecole de Berlin… Christoph Hochhäusler, le champion des micro-univers observés à la loupe, filmant comme personne dans
« L’Imposteur », « Le Bois lacté », l’incommunicabilité, l’ennui, le drame blanc, les étrangers dans la maison que sont les familles. 


photo Arte

On retrouve néanmoins l’ascétisme des décors,  l’épure des cadres, etc… Mais cette passion partagée ne l’est pas avec le spectateur, cette rédemtion par l’amour du banquier arriviste et arrivé marié à une riche hérititière bien utopique, seule la tentative de dénoncer les tueries propres dans les sphères de la haute finance est méritoire.
 

Notre note

(4 / 5) (2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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