« The Bubble » et « 2 days in Paris » : deux succès de l’été

Ils plaisent à tout le monde… les critiques et les spectateurs, consensus pour le film israëlien « The Bubble » de Eytan Fox, sorti la semaine dernière, et pour le film franco-américain de Julie Delpy « 2 Days in Paris », sorti mercredi sur les écrans, des larmes pour le premier, des rires pour le second, les sentiments et la lucidité sont au rendez-vous.

A Tel Aviv, trois colocataires, habitant dans un quartier branché alternatif, « The Bubble » (la bulle), mènent une vie ordinaire, taxée souvent sur place d’assez irresponsable, car volontairement déconnectée de la réalité sociale et politique du pays, « un mécanisme de survie », comme dira le réalisateur. Quand l’un d’eux, Noam, effectuant son service militaire à un check-point, lieu de contrôle des éventuels kamikazes passant de Palestine en Israël, va tomber amoureux d’un Palestinien. Plaidoyer pour la tolérance, ce film militant gay décrit un Tel Aviv d’aujourd’hui que nous ignorons devenu depuis quelques années une terre d’accueil pour les homosexuels du monde entier. Mais de l’autre côté du check-point, Ashraf est obligé de se cacher, de sa famille et surtout de son futur beau-frère, combattant de la mouvance intégriste. En choisissant le personnage de Noam, qui cumule les difficultés en aimant un homme et de surcroit un ennemi, le réalisateur pose les fondations de l’espérance d’une société où les jeunes ne seront plus voués à se combattre mais à s’aimer librement. Au delà de la défense d’une communauté, l’histoire d’amour de Noam et de Ashraf est universelle comme celle de Roméo et Juliette, c’est sans doute cela qui a touché les spectateurs dans ce film à la fois cru et hypersentimental. La fin mélo et poétique a fait mouche si j’en crois la réaction de la caissière du cinéma qui s’étonne de l’enthousiasme des spectateurs au sortir de la salle.

2 DAYS IN PARIS

Marion et Jack font un stop de deux jours à Paris sur le chemin de Venise à New York où ils habitent, elle est française, lui américain. Les critiques comparent le film de Julie Delpy à un Woody Allen et c’est copie conforme, humour, névrose et logorrhée, un film écrit et parlé, un livre de dialogues en images avec une succession de scènes ayant surtout vocation à mettre en valeur ces dialogues dorés sur tranche. Les chauffeurs de taxi homophobes, dragueurs ou racistes, symbolisant l’odieux Paris vu par un américain, les amis qui ne parlent que de sexe, les parents aussi et de bouffe française, des disputes éclatant pour tout et rien, des fuites d’eau dans les appartements anciens, Julie Delpy a épinglé les travers des deux côtés de l’Atlantique et comment ils sont perçus de part et d’autre, tout en forçant pas mal le trait. A mi-récit, elle s’essouffle et ne sait pas trop comment finir son film. Quand Julie Delpy intervient en voix off, elle fait passer des photos sur l’écran pour étayer son propos, elle parle pâtes à Venise, elle montre des pâtes, c’est un peu scolaire comme procédé mais elle y ajoute du rythme au montage en faisant passer les photos à toute vitesse pour que ça devienne ludique. On rit beaucoup, toujours un peu des mêmes choses mais on ne se lasse pas de se moquer de soi… Un film narcissique et ultra-bavard, acide, lucide, drôle, pas sûr que Julie Delpy aime tellement filmer mais c’est une scénariste hors pair, peut-être même une écrivaine.

 

 

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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