« Un beau dimanche » : le fils prodigue

focus film Nicola Garcia, sortie 5 février 2014

Pitch

Un jeune instituteur intérimaire dans le sud de la France. A la veille d'un WE, il hérite d'un gamin dont personne n'a le temps de s'occuper. Il l'emmène voir sa mère, jeune femme empêtrée dans mille problèmes.

Notes

Je lisais l’autre jour, stupéfaite, qu’il s’agirait d’un film sur la lutte des classes… Parce que deux personnes vont se rencontrer issues d’un milieu social aux antipodes… Oui, la différence sociale est ici en toile de fonds mais, soit dit en passant, ce n’est pas à l’avantage des riches bourgeois, comme nous l’apprendront les secrets de famille.

Baptiste est un jeune instituteur instable qui ne reste jamais plus de trois mois à un même poste. Une veille de week-end de Pentecôte, il lui tombe un gamin dans les bras, Mathias, dont le père, remarié, n’a pas le temps de s’occuper. Sa mère, non plus, on le verra plus tard, quand il l’emmène la voir sur une plage des environs de Montpellier où elle travaille comme serveuse dans un restaurant. Mais quand Baptiste rencontre Sandra, la mère de Mathias, il craque. Sandra empêtrée dans des histoires de dettes, Baptiste la présente à sa famille. Retournement de situation, il s’agit de grands bourgeois vivant dans une vaste bâtisse qui vont accueillir l’enfant prodigue à bras ouverts et regarder Sandra et son fils avec condescendance ; il

est vrai que la réalisatrice insiste peut-être un peu trop lourdement sur les différences,tentant de démontrer ainsi le grand-écart social entre les uns et les autres.Mais Baptiste est parti, suite à ce que cette famille l’ait démoli autrefois avec des bonnes intentions… Là, on est un peu dans un univers provincial Chabrolien… On est aussi un peu aussi dans un monde qui n’existe plus, le soleil, le confort, l’insouciance, en référence à ce monde dont Nicole Garcia dit qu’il est mort en 1962 quand elle a été obligée de quitter Oran avec sa famille.

photos Diaphana

Et aussi

De ce film où Nicole Garcia prend le risque de donner le premier rôle à un acteur inconnu du public, son fils, Pierre Rochefort, au final, on peut dire qu’on retiendra surtout le majestueux comme back de la merveilleuse Dominique Sanda dans le rôle d’une mère Viscontienne. A vrai dire, rien ne m’a frappé dans le jeu de Pierre Rochefort, en fait, il ne m’a laissé presque aucun souvenir (j’ai vu le film il y a plus d’un mois mais quand même…), pour Louise Bourgoin, peu de changement par rapport à ses prestations précédentes, la beauté, la présence, les mêmes mimiques/tics.

Ce n’est pas le meilleur film de Nicole Garcia, bien inférieur au magnifique et émouvant « Un Balcon sur la mer », inégal, « Un Beau dimanche » étant pourtant construit avec une grande simplicité plutôt propice à accueillir un sujet fort : un récit linéaire, une unité de lieu et de temps. La seconde partie du film, où apparait Dominique Sanda (la mère de Baptiste), remonte nettement le niveau avec aussi le bonus de la délicate Deborah François dans le rôle de la soeur de Baptiste. On voit où voudrait en venir théoriquement Nicole Garcia, ce statut d' »enfant perdu » que Baptiste partagerait avec Sandra qu’il a reconnue tout de suite comme un double maltraité par la vie, en un miroir de sa propre histoire. Il va  l’aider matériellement, elle va l’aider à affronter le passé. Mais c’est un peu simpliste et l’émotion est rarement au rendez-vous (sauf dans les scènes avec Dominique Sanda).

Notre note

(2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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