« Une Journée à Rome », « Dans la tête de Charles Swan III » : deux films vides remplissent l'agenda de juillet

focus film Francesca Comencini, Roman Coppola, sortie 17 et 24 juillet 2013

Pitch

Gina a rendez-vous avec un homme politique afin de lui ouvrir les portes du show-biz. Marco est le chauffeur de l'homme politique. Ensemble, ils vont passer une journée à Rome.

Pitch2 :
Graphiste dans une agence de pub, Charles Swan pleure le départ d'Irina, sa petite amie, lassée par ses frasques. Effondré, il entreprend un voyage introspectif dans ses souvenirs avec elle.

  

 

On pourrait chercher le point commun entre le plat et ennuyeux « Une Journée à Rome » et le surexcité « Dans la tête de Charles SwanIII », hormis que les réalisateurs sont tous les deux « fille et fils de », Comencini, pour la première, Coppola pour le second. Ce sont des films vides, « Une Journée à Rome » ne cherchant d’ailleurs même pas à remplir son film avec une idée unique diluée en 1h40. Une jeune fille, aspirante actrice, poussée par une mère abusive (on peut y voir le point de départ avorté du fameux « Bellissima »), a rendez-vous avec un député pour la pistonner auprès des producteurs. Le député lui envoie son chauffeur dont c’est le premier jour de travail. Le rendez-vous étant reporté d’heure en heure, les deux jeunes gens vont alors passer une journée genre touristique à Rome tombant le masque de leurs personnages, la bimbo, l’employé modèle, basta, rien d’autre. Si, la fin, cynique, tombant comme un cheveu réaliste sur la soupe tiède.
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photo Bellissima 

« Dans la tête de Charles Swan III » est encore bien pire, le réalisateur, Roman Coppola, voulant à tout prix être original et inventif sous un label pop bien pratique. Car dans la tête de ce Charles Swan, il n’a a rien qu’une obsession, il a été plaqué par Irina, lassée par ses tromperies, un tiroir rempli de photos de nus de ses ex ayant mis le mot fin. On accumule les scènes toc et chic, une parodie de western, un enterrement grotesque des amours défuntes, par exemple… Finalement, le générique très sophistiqué avec une série de personnages dessinés qui parasitent le cerveau du héros (qu’on verra tout le film portant des lunettes de soleil, même à l’hôpital), est ce qu’il y a de mieux. La dite Irina est une blonde, fade sosie de Kirsten Dunst, plutôt mauvaise comédienne, les acteurs connus castés, pas dirigés, ont un jeu outré (Bill Murray), voire hystérisé (Jason Schwartzman), hormis Charlie Sheen, mono-expressif pour intérpréter un personnage égocentré et dépressif, et Patricia Arquette (excellente actrice que rien ne pertube). Car dans la tête de Roman Coppola, il n’y a pas grand chose hormis jouer à être créatif (la grande illusion!) mais tout sonne faux.C’est à se demander si le film de Roman Coppola n’en dit pas davantage sur la vacuité du quotidien de la jeunesse dorée, l’oisiveté à combler quand on traîne ses Louboutin à LA, que les films de sa soeur traitant du même thème plus adroitement, en affichant la couleur clairement (« The Bling ring », « Somewhere »), ou un peu moins clairement (« Marie-Antoinette »), et, s’agissant donc de Sofia Coppola, avec nettement plus de talent. En commun, le frère et la soeur ont l’utilisation intensive de la BO, l’esthétique « hype », l’absence de centres d’intêret des personnages.


photo UFO distribution

Ce genre de films donne à réfléchir sur l’utilisation des capitaux pour les financer et surtout sur les problèmes d’identité des uns et des autres de nos jours, et, en premier lieu : tout le monde peut-il être un artiste, surtout pour de mauvaises raisons? Les motivations pour chanter, poser, peindre, filmer, n’ont plus grand chose à voir avec la vocation, le talent… Il y a ceux qui ont déjà le cash à la naissance et cherchent à s’occuper, à « exister » artistiquement, genre Nicole Richie créant une marque de chaussures et cette floppée de fils d’acteurs et de réalisateurs avides de la lumière nimbant leurs géniteurs. Ceux,
« anonymes », qui voudraient bien être top model pour avoir le compte en banque de Kate Moss, footballeur pour devenir une marque ambulante comme Beckham, chanteuse pour être « plus célèbre que Dieu » (mantra de Madonna). Dans tous les cas, on surfe sur les fausses valeurs, la célébrité, l’argent, le culte de l’ego, la quête identitaire dans le meilleur des cas.Pour se consoler, quelques films émergent, comme le superbe « Métro Manilla » de Sean Ellis, film sans stars au générique, sur un sujet de société dans une ville monstrueuse qui dévore ses habitants tellement pauvres et crédules (sortie 17 juillet, j’en parle dans mon prochain post).

 

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Posted by:

Camille Marty
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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