« Water for elefants » (‘De l’eau pour les éléphants ») : tout n’est qu’illusion

Francis Lawrence, 2011, sortie 4 mai 2011

Pitch

Durant la Grande Dépression, après la mort brutale de ses parents dans un accident de voiture, un étudiant vétérinaire rejoint la troupe d'un cirque ambulant où il succombe au charme de l'écuyère vedette, épouse du patron.

Adapté du roman contemporain éponyme de Sara Gruen (paru en 2006), « De l’eau pour les éléphants » est un film idéal pour toucher le public le plus vaste possible avec une histoire d’amour centrale sur fond d’une succession de drames, ce bonheur qui se mérite à la force du poignet, cette espérance de refaire sa vie… L’élément le plus intéressant du film est son arrière-plan historique, le récit se passant au début des années 30 en Amérique pendant la période de la Grande Dépression. Récession économique, chômage, emplois précaires harrassants, ici dans un cirque où le boss maltraite ses employés au point de les jeter par la porte du train en marche pour éviter de les payer.
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photo Fox

Un vieil homme, égaré de sa maison de retraite, se souvient… Etudiant en médecine vétérinaire, en 1931, Jacob Jankowski voit ses études interrompues par la mort tragique de ses parents dans un accident de voiture. Endettés, les parents ne laissent rien à Jacob, il faut vendre la maison. Devenu orphelin, sans le sou, Jacob part chercher du travail sur les routes et rallie par hasard la troupe du Benzini circus en squattant le wagon du train transportant les employés et le matériel du cirque. Adopté bon gré mal gré par August, le frimeur directeur du cirque Benzini, qui voit l’avantage d’avoir un vétérinaire sous la main pour soigner ses animaux, Jacob s’intègre à la troupe. Maltraitant les gens commes les animaux qui meurent d’épuisement, August n’aime que son épouse Marlena, écuyère du numéro vedette. Mais le cheval de Marlena, malade, pas soigné, dopé et maltraité pour continuer le numéro de cirque, est abattu par Jacob qui a diagnostiqué qu’il agonise dans d’horribles souffrances. August le remplace par Rosy, une éléphante qu’il rachète à un confrère en faillite. Cruel, incapable de contrôler ses accès de violence, n’ayant en tête qu’une chose, maintenir son spectacle à flot, August s’acharne sur l’animal pour tenter de le dresser, scène insoutenable où le monstre roue de coups l’éléphant avec un pic en fer. En cela, les maltraitances sur les animaux, montrées à l’écran, sont odieuses à regarder dans ce film. Dans la réalité, l’
American Humane Association, garante qu’aucun animal n’est blessé ou maltraité sur les plateaux, était présente sur le tournage. Mais, contrairement au cheval, l’éléphant à terre va se relever et Marlena monter un nouveau numéro.

photo Fox

Malgré qu’elle ait bien saisi la caractère délirant de son mari, psychopathe cyclothymique, se réfugiant chez elle pour lui demander pardon après ses crises de violence, Marlena n’imagine pas d’autre choix que de continuer avec lui, une femme seule, sans famille, sans moyens, ne sachant rien faire que son numéro d’écuyère ne fait pas tant d’histoires dans l’Amérique des années 30. Ce qui n’est pas tout à fait l’avis de Jacob qui a succombé au charme de Marlena dès son arrivée au cirque. Par animaux interposés, Jacob et Marlene vont se rapprocher dangereusement au risque de provoquer la colère vengeresse d’August.

photo Fox

Le film est taillé sur mesure pour mettre en valeur Robert Pattinson, la nouvelle coqueluche des ados (« Twilight »), ancien mannequin, acteur anglais de 23 ans à la beauté classique de jeune premier des années 50, auquel on a donné pour partenaire une actrice américaine côtée au box-office, très pro, dans le genre interchangeable avec n’importe quelle autre actrice du même tonneau : Reese Witherspoon, menton en galoche et regard dur bleu azur, petite, maigrichonne, teinture blond platiné, en collant chair sur poitrine plate sous son costume de scène. En revanche, le personnage d’August est interprété par un grand acteur atypique, Oscar du meilleur second rôle pour « Inglourious basterds », l’autrichien Christoph Waltz dans un rôle de méchant comme il y semble voué. Lors de la conférence de presse qui a eu lieu vendredi dernier à Paris, des questions ont porté sur la permanence des emplois où peuvent s’enferrer les acteurs, romantique pour Pattinson, méchant pour Waltz.
Mais, comme dit August dans le film « everything is illusion », le cirque comme le cinéma et les sentiments aussi? Du grand spectacle avec des gros moyens, une histoire un peu nunuchette mais un souci de reconstitution de l’univers du cirque et des conditions de travail durant la Grande Dépression qui est le point fort du film.
l’avant-première parisienne du film au Grand Rex jeudi 28 avril 2011, photo Fox
la conférence de presse au Plaza à Paris vendredi 29 avril 2011, photo Fox

mes impressions et mes photos de la conférence de presse…
PS. depuis quelques jours, j’ai déjà vu ces photos recopiées sur 5 blogs et sites différents jusqu’au Brésil… Merci de demander l’autorisation à vierasouto@free.fr de reproduire mes photos!

Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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