« Grace de Monaco » : de la mièvrerie à la niaiserie

Olivier Dahan, sortie 14 mai 2014

Pitch

Année 1962, Hitchcok demande à Grace de Monaco de revenir au cinéma. Empêtrée dans son rôle d'altesse sérénissime, ce sera impossible.

Notes

Ah, qu’il est loin le temps où Olivier Dahan était un bon réalisateur (je pense à « Déjà mort »). Si déjà « La Môme » m’avait plutôt déplu, à côté de « Grace de Monaco » c’était « Citizen kane »… Mais quelle idée, d’abord, de s’intéresser de nos jours à la vie d’une actrice, Grace Kelly, issue d’une famille riche de Philadelphie, qui choisit (ou se laisse choisir) de devenir princesse par une sorte d’arrangement, la Principauté de Monaco n’ayant plus le sou à l’époque? On est loin de la love story, du fameux « conte de fées »… Le seul élément intéressant (fort peu développé) est pourquoi Grace Kelly fait tout ça pour être dans la lumière : le cinéma, la forteresse royale de la principauté miniature de Monaco? Pour éblouir son père qui préférait tellement sa soeur Peggy et qu’elle n’a jamais, bien évidemment, réussi à changer d’avis…

Et aussi

 photos Gaumont


photos Gaumont

Le film se passe en 1962, Hitchcock propose le rôle de « Marnie » à Grace Kelly, son grand retour au cinéma, elle en meurt d’envie mais pas le prince Rainier, son mari, soucieux de sa réputation, en guerre froide avec De Gaulle qui veut faire payer des impôts aux sociétés françaises ayant fui à Monaco justement pour ne pas en payer… Première partie du film : Grace ne trouve pas sa place, envisageant même le divorce, restant pour ses enfants. Seconde partie du film, grâce à Grace qui organise un bal de la Croix-Rouge en invitant De Gaulle pour l’amadouer, Grace sauve la Principauté! (et, rassurons-nous! aucun Monégasque ni autre résident du Rocher -tel Onassis, dit « Ari », odieux personnage à la veille de plaque Maria Callas pour Jackie Kennedy- ne payera d’impôts…) Là, on a plongé dans la niaiserie au superlatif… Pour ne pas dire l’indécence : quand on sait ce qui se passe aujourd’hui des sociétés françaises basées en Belgique ou en Angleterre, etc… pour ne pas payer d’impôts en France, la démarche de Grace Kelly ne risque pas de susciter l’empathie…

Nicole Kidman fait son possible mais elle est au minimum. Le budget du film a dû passer en robes car presque aucune scène à l’extérieur, des petits comités, des dîners en interne, le tout étriqué. Seule la scène du bal de la Croix-Rouge, les arrivées des stars en limousine en tenues d’apparat, fait penser au rituel de montées des marches du festival de Cannes, quasiment à l’identique, dont le film faisait justement l’ouverture.

Quel navet! Mieux vaut lire le dernier « Vanity fair » avec le récit des frasques de Grace Kelly et Ava Gardner, amies dans la vie depuis le tournage de « Mogambo » avec Clarck Gable qu’elles se partagaient, si l’on peut dire…

Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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