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« Imitation game » : brillant, captivant, interprétation magistrale, Oscar en vue…

focus film Morten Tildum, sortie 28 janvier 2014

Pitch

Le mathématicien de génie Alan Turing contribua à changer le cours de la Seconde Guerre mondiale et de l’Histoire en fabriquant l'ancêtre de l'ordinateur pour intercepter les messages allemands. Condamné par la société de l’époque en raison de son homosexualité, il se suicida.

Notes

C’est un film intelligent, brillant, quelques années de la vie du mathématicien Alan Turing, confronté à la l’immense solitude du surdoué et à l’incompréhension de ses proches. Cette tranche de vie révèle aussi une tranche d’histoire inconnue, une opération top secret ayant eu lieu en Angleterre durant la seconde guerre mondiale. Les allemands correspondaient entre eux par message ultra-cryptés sur un système appelé Enigma dont ils modifiaient les codes toutes les nuits. Turing se met en tête de construire une machine (qu’il a appelle Christopher) pour décoder Enigma, système réputé inviolable, et connaître les attaques planifiées des allemands. Cela aura un immense impact sur le débarquement des Alliés en Normandie, par exemple, la conclusion dit qu’on aurait grâce à lui et ses informations gagné près de deux ans sur la fin de la guerre.

En 1940, on réunit près de Londres (à Bletchey Park) un groupe hétérogène (linguistes, agents de renseignement, champions d’échecs, etc…), tous surdoués du décryptage recrutés, pour certains, à leur capacité à résoudre des mots croisés en un temps record. Le commandant Denniston, directeur de Bletchey Park, furieux, ne comprenant pas ce vraiment ce que fait ce groupe, voudrait bien les discipliner et virer Turing qui fait alors appel directement à Churchill pour obtenir le financement de sa machine Christopher dont il pense qu’elle équivaudra à « avoir une oreille chez Himmler ». Le groupe met longtemps à accepter les difficultés à communiquer du surdoué Turing qui vit dans un autre monde… Le film est passionnant, on est totalement immergé dans ce groupe et ses recherches pour faire marcher cette machine salvatrice à laquelle, au début, seul Turing croit vraiment, à leurs moments de découragement, de conflit, de jubilation. La seule femme du groupe (Keira Knightley) va aimer Turing qu’elle devine gay, accepte même de l’épouser, ils s’aimeront « autrement » mais il rompt leurs fiançailles pour la libérer de lui.

 

Et aussi

THE IMITATION GAME

photos Studio Canal

 

 

Le film commence en 1951 à Manchester, Turing, professeur à Cambridge répond à la police. Accusé ensuite d’homosexualité, il choisira la castration chimique plutôt que la prison et, démoli par le traitement, se suicidera en 1954. On revient ensuite en 1939 et 1940 à Londres où se passe la majeure partie du film.

Longtemps après sa mort, on parlera de « machines Turing », ancêtres de l’ordinateur.

Il y a des flash-backs intéressants sur les années de collège de Turing et son amitié amoureuse, sans doute platonique, avec un camarade malade de la tuberculose, sa manière qu’il a de verrouiller toute émotion quand le proviseur lui apprend sa mort. Une attitude qui va aller en s’amplifiant à l’âge adulte. On peut regretter le peu de temps du film accordé au scandale du traitement de castration chimique (boucherie chimique) infligé à Turing pour le punir de son homosexualité, considéré alors comme un crime au Royaume Uni.

La Prouesse de Benedict Cumberbatch dans le rôle d’Alan Turing n’étonnera que ceux qui ne l’ont pas vu dans la superbe série BBC « Sherlock Holmes ». Poignant, hallucinant de vérité, fort et fragile, aussi tragiquement solitaire qu’un autiste avec de si rares moments de joie, il semble impossible qu’il ne décroche pas l’Oscar du meilleur acteur cette année.

Notre note

5 Stars (5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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