L’Asie en SO Cannes 2015 , « Office », « Taklub », « Vers l’autre rive », « The Shameless », « Moutains may depart »…

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Pitch

Avec trois films japonais, un film philippin, plusieurs films coréens et chinois, l'Asie est bien représentée pour cette 68° édition et on M!

Notes

« OFFICE » (film coréen)

 

Hier en séance de minuit, j’ai vu un film assez malin, qui sous l’angle du film de genre type slasher movie, fait, un procès corrosif et satirique du monde du travail en Corée, où les employés, over-stressés, au bord du burn-out général, finiront par s’entretuer.

Monsieur Kim, employé modèle, rentre chez lui, atrappe un marteau et massacre toute sa famille dont un petit garçon dont on apprendra plus tard qu’il est gravement malade. Cependant, il retourne travailler au bureau la nuit. Dans « Office », il n’est pas rare que les employés finissent des rapports comptables la nuit, le samedi, le dimanche. Une colère du directeur tyrannique rappelle qu’on peut prier chez soi et travailler le dimanche…

La police enquête et se rend compte que Monsieur Kim n’a pas quitté l’immeuble, la panique s’empare de l’ensemble des cadres de la société qui se souviennent qu’ils le mettaient à l’écart, tous, exceptée une jeune stagiaire anxieuse et un peu empotée… Une jeune femme exutoire dont les rapports avec l’entreprise sont les même que ceux de Monsieur Kim.

Du film de groupe, on passera à la solitude d’un employé de bureau dans l’unité de lieu que constitue un vaste bureau paysager. Le problème, c’est que ça devient un peu routinier, toutes les nuits, un employé différent « surpris » dans ses heures sup au sein d’un immeuble vide… Mais il y a de l’humour et un constat glaçant des conditions de travail usant les nerfs des employés les plus solides, rivalités à se haïr, harcèlement psychologique et productif.

"office"

« Office »

 

Et aussi

« VERS L’AUTRE RIVE » de Kiyoshi Kurosawa (film japonais)

VERSAUTRERIVE

Il semble que l’autre Kurasawa (Kiyoshi) soit passé du fantastique à l’abstraction quasi-mystique.

Yusuke, disparu depuis trois ans, revient voir Mizuki, son épouse, et lui propose de l’accompagner rencontrer les gens qu’il a connu depuis ces trois années qu’il est mort, noyé, ce qu’elle ignorait car on a jamais retrouvé son corps. Pourquoi est-il revenu? Pour faire un dernier voyage avec son épouse avant de quitter cette terre définitivement. Un périple où Yusuke va revoir une série de revenants, comme lui, qu’il a connu lors de sa « première mort », et qui attendent aussi le départ ultime.

Malgré la beauté des images, c’est un film philosophique complexe sur le passage de la vie à la mort qui serait peut-être une autre vie, si j’ai bien compris ; pour un occidental, c’est assez difficile à comprendre et cette longue quête devenue (au fil du film) intérieure partant du retour d’un revenant, idée fantastique de départ, est assez déroutante.

 

« TAKLUB » de Brillante Mendoza (film philippin)

image

J’y reviendrai parce que Brillante Mendoza est un de mes réalisateurs préférés et qu’à ce jours j’ai vu tous ses films y compris les tout premiers grâce à une rétrospective au festival asiatique de Deauville, il y a quelques années.

Ici, il s’agit d’un film réactionnel après une catastrophe (tsunami) traité comme un documentaire mais le style exceptionnel de l’immersion totale Mendoza son et images est là, magnifique et coup de poing, du cinéma sensoriel comme nulle part ailleurs avec cette utilisation du son en sur-régime tellement efficace, potentialisant l’immersion du spectateur dans le film. En revanche, pour coller à la puissance du drame pas de couleurs vives mais des tons neutres, désaturés.

Taklub capte la vie à Tacloban, aux Philippines, après le passage du typhon Haiyan, le plus gros connu à ce jour. Aux personnes devant faire face à l’anéantissement de leur habitat et au deuil de leurs proches, on a mêlé trois acteurs dont chacun a une histoire individuelle dans le genre de ce que vivent les uns et les autres. Tourné sur les lieux de la catastrophe, le spectateur est transporté « sur place », dans les images réelles. Bebeth est à la recherche de trois de ses enfants, et tente de les identifier en examinant les fichiers ADN de l’administration des personnes enterrées dans les fosses communes. Larry, ayant perdu son épouse, trouve du réconfort en rejoignant un groupe de catholiques fervents qui portent la croix à travers la ville. Erwin, avec son frère aîné, tente de cacher à sa petite sœur la mort de leurs parents.

Le film démarre par l’incendie d’une tente où toute une famille meurt, carbonisée, le malheur est sans fin et la population conserve dignité et foi et espoir dans ce grand bain de désespoir. Le générique de fin, à signaler, vous scotche, quelles images, quel génie, merci Monsieur Mendoza d’exister.

 

« THE SHAMELESS » de Seung-uk Oh  (film coréen) (produit par Park Chan-wook)

 

Film noir avec femme fatale centrale, elle-même victime de ses passions, prostituée quadragénaire qui a gâché sa « carrière » à cause des hommes.

Le lieutenant Jung Jae-gon est sur la piste d’un assassin, Jun-gil dont la maîtresse, Kim Hye-kyung, autrefois, reine des call-girls, travaille dans un cabaret miteux, « Le Macao ». Chemin faisant, Jung tombe amoureux de l’ex-maîtresse de Park, riche homme d’affaires. Bien que se confiant à lui, Hye-kyung  attend son amant maudit tout en entretenant des rapports ambigus avec le flic.

Bel exemple de prostituée liée irréversiblement à son proxénète, incapable d’une relation saine avec un homme, mais, hormis ce personnage de femme occupant toute la place,  une mise en scène nickel, le film souffre d’ellipses.

"The Shameless"

« The Shameless »

 

« MOUTAINS MAY DEPART » de Jia Shang-Ke (film chinois)

MOUTAINSMAYDEPARTaffGMVO

Un film émouvant, attachant, parfois agaçant. Le film est découpé en trois parties, trois époques, le format de l’écran change, des personnages qu’on croyait centraux sont abandonnés en route. Des effets de style isolés. Un scénario ruche mais pas toujours cohérent au delà des ellipses temporelles et scénaristiques.

1999
Fenyang. Deux hommes aiment la même femme, Tao. Zhang, le plus riche, businessman forcené par vocation, élimine Lianzi, le plus pauvre. Ils étaient inséparables, le premier a racheté la mine de charbon ou ils travaillent, le second quitte la ville. Tao épouse Zhang.

2014
Le couple à divorcé, leur fils, Dollar, vit avec son père a Shangaï, quand le grand-père meurt, sa mère, Tao, exige de le voir aux funérailles, Dollar à 7 ans, il ne la reverra jamais. Lianzi est très malade, son épouse appelle Tao à l’aide.

2025.
Dollar et son père ont émigré en Australie et communiquent si peu que l’adolescent, qui ne parle qu’à anglais, est obligé d’apprendre le mandarin pour lui parler sérieusement de ses projets.

La musique pop sucrée obsédante colle au genre vrai mélo qu’a voulu le réal. En 1999, Tao chantait de manière semi-professionnelle… La dernière scène dans la neige laisse l’œil humide, la musique, oui, la musique… L’actrice, solaire, pourrait bien avoir un prix d’interprétation.

Sur un quart de siècle, entre une Chine en profonde mutation et l’Australie, promesse d’une vie meilleure, les espoirs, les amours et les désillusions de trois amis d’enfance.

Annexe

"Shameless" présentation UCR

« The Shameless »
présentation UCR

"Office" montée des marches

« Office »
montée des marches (séance de minuit)

 

"Brillante Mendoza" sortie "Taklub" UCR

« Brillante Mendoza »
sortie « Taklub » UCR

sortie de la projection de "Mountains may depart"

sortie de la projection de « Mountains may depart » SO

 

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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