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Michèle Morgan et le film noir français

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Pitch

Elle a été ce regard, cette blondeur laquée, ce mystère imputable à une élégance introvertie unique. Ce physique "feu sous la glace" en faisait l'actrice idéale pour les films noirs.

Notes

Michèle Morgan avait un physique Hitchcockien, « feu sous la glace » que le Maître du suspense a toujours privilégié chez ses actrices (« Les Orgueilleux ») et elle jouait parfaitement les névrosées (« Retour de manivelle ») ou les femmes désespérées noyées dans l’alcool la nuit avec l’élégance raffinée de ceux qui se taisent et donnent le change (« Les Scélérats »), les victimes consentantes aux pulsions inavouées (« Constance aux enfers ») ou les victimes d’une machination orchestrée par une rivale jalouse (« Les yeux cernés »). Dans tous les cas, son physique exceptionnel, sa blondeur impeccable et ses yeux de chats, son jeu sobre et froid d’une femme toujours en hypercontrôle en faisait une femme fatale mystérieuse malgré elle avec une enveloppe opaque et indéchiffrable et cette froideur apparente en surface.

Dans les « Scélérats », elle est cette quadragénaire superbe qui déteste son mari et lui impose son alcoolisme pour le faire payer une faute tragique qu’on ne connaîtra qu’à la fin du film. Une jeune femme s’intercale entre les deux avec l’utopie de se faire aimer de l’homme qui la voit à peine. La soirée de réception la voit descendre l’escalier de leur appartement en robe noire transparente époustouflante et faire mine de tromper son mari tandis que le visages en gros plans se saoulent et que la soirée vire à une orgie triste et programmée.

Dans « Retour de manivelle » elle est cette femme au bord de la folie que le désir des hommes révulse mais dont elle connaît suffisamment son pouvoir sur eux depuis l’enfance pour organiser le meurtre de son mari. Un de ses plus beaux rôles. (Critic du film plus bas)

Dans « Les Orgueilleux », la chaleur et la poussière, l’absence d’un mari qu’elle n’a jamais trompé, vont la faire glisser lentement dans la moiteur et la sensualité ; écrasée par la chaleur du Mexique, s’accrochant aux barres du lit en combinaison blanche, elle ignore sa séduction. Mais cet homme détruit et alcoolique jusqu’au coma (Gérald Philippe) la touche et elle va l’aimer sans se retourner, pour l’aider, croit-elle, mais la culpabilité de l’adultère fond avec la chaleur qui débusque chez elle des sensations inconnues.

Dans « Les yeux cernés » et « Constance aux enfers », c’est un peu différent, elle est piégée. Dans le premier cas, « Les Yeux cernés », parisienne venue régler les affaires de son mari défunt dans une bourgade de montagne, elle fait les frais d’une rivale jalouse (MF Pisier magnifique) qui veut se débarrasser d’elle. Dans « Constance aux enfers », c’est un peu différent, bourgeoise très sage, très chic, veuve, elle renonce à partir en vacances avec sa meilleure amie (Maria Pacôme) pour abriter un voyou qui va l’exploiter, ce qu’elle a intuité depuis le début et qu’elle accepte par ennui et un masochisme latent. Mais les choses vont trop loin…

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Et aussi

 

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« Les Orgueilleux » (1953)

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« Les scélérats » (1963)

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« Les yeux cernés » (1964)

Michèle Morgan, Simón Andreu

« Constance aux enfers » (1963)

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« Retour de manivelle » (1959)

 

Annexe

« Retour de Manivelle »: le film noir français a existé, la preuve…

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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