18 - 04
2010
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Pitch.
A new-York, un comédien de théâtre surmené répond à une annonce d'une société spécialisée dans l'extraction des âmes pour diminuer le stress. Mais, quand il veut récupérer son âme d'origine, celle-ci a disparu...
Voilà un film que j'avais raté en compétition au dernier festival du cinéma américain de Deauville et dont le thème me disait bien : le trafic des âmes... La réalisatrice s'est inspirée d'un texte de Jung "L'Homme à la découverte de son âme", la caution est de taille... Ecrit pour le comédien Paul Giamatti dans un emploi Woody Allenien de New-Yorkais névrosé, introspectif, le film met en scène un personnage du nom de Paul Giamatti...
Répétant "Oncle Vania" au théâtre, le comédien Paul G ne trouve pas le ton juste. Migraineux, déprimé, prostré chez lui, il tombe sur une annonce du New-Yorker d'une société nommée "Cold souls", une banque d'âmes en stock. Quand Paul se présente au bureau de la "Cold souls", il est reçu comme pour une intervention esthétique avec des chouchouteries et une consultation médicale. Le praticien, le Dr Flintstein (David Strathairn), est parfait à la fois vendeur et rassurant, il promet un allègement considérable du stress après extraction de l'âme, Paul G accepte. Retour aux répétitions d'"Oncle Vania", cette fois-ci, la neutralité émotionnelle s'étant installée chez Paul G, il joue complètement faux sans s'en apercevoir, le metteur en scène est effondré.
Retour à la banque d'âmes où le praticien lui propose d'héberger l'âme d'un tiers, en l'occurrence un poète russe... Cela n'ira pas non plus, cette fois-ci Paul G joue de manière emphatique au théâtre... Mais quand paul G s'avise de récupérer son âme d'origine, celle-ci, stockée dans un coffre-fort de la société "Cold souls", a disparu... En parallèle, on suit le quotidien de Nina, la "mule" qui transporte des âmes depuis la Russie où se tient le siège du trafic d'âmes. Pour satisfaire Sveta (Katheryn Winnick), la petite amie du chef de réseau russe de trafic d'âmes, comédienne de télévision qui veut se faire implanter l'âme d'Al Pacino, Nina a volé l'âme de Paul Giamatti, seul acteur américain qu'elle a trouvé sur le listing de l'agence New-Yorkaise... D'où une seconde partie du film se passant à Saint Pétersbourg à la recherche de l'âme égarée de Paul Giamatti...
Le film regorge de thèmes plus ou moins développés, les névroses des américains prêts à tout pour s'apaiser, de la psychanalyse au changement d'âme, leur crédulité devant les médecines parallèles et les nouveautés miracles, le culot des sociétés d'escrocs vendant du vent, les trafics en tout genre et l'exploitation des "mules" transportant la drogue et pourquoi pas des âmes. Quoi qu’il en soit, Paul se trouve engagé dans une recherche que les bons traités appellent quête identitaire. Qui suis-je, que fais-je, où vais-je, "dans quel état j’erre"? La réponse, habituellement spéculative, ici, est expérimentale : retirons l’âme et voyons ce qui se passe. Et naturellement, ce qui se passe, c’est qu’on veut la récupérer. Ce n’est pas tant qu’on la trouve particulièrement radieuse ou simplement sereine, mais on y est tout bêtement habituée. En d'autres termes, on préfère une souffrance connue à une paix inconnue, etc...
La première surprise réside dans le fait que Paul Giamatti interprète un personnage qui porte son nom mais, dans cette histoire surréaliste, aucune parenté avec la réalité physique de l’acteur. C’est que la réalité doit être cherchée ailleurs, et sans doute dans le fait que courir après son âme perdue est vue par la réalisatrice Sophie Barthes comme une activité universellement humaine et non une fiction romanesque.
Paul Giamatti (le vrai) se montre à son avantage. Surtout dans la première partie du film où les états d’âme occupent la place. Son interprétation d’un homme sans âme, littéralement, est drôle et inspirée, tout à la fois montrant ce qui change et ce qui reste inchangé dans ce qu’ils ont de subtile intrication. La seconde partie du film le met un peu plus en difficulté, visiblement moins dans son élément avec la quête physique et aventureuse qu’avec l’aventure intérieure. David Strathairn n’est d’ailleurs pas en reste, dans un jeu simple et enjoué mais crédible de psychiatre muté en industriel (désopilante remarque sur le personnage d""Oncle Vania" qu'il trouve trop plaintif dans la pièce de Tchekov!). Dina Kozun et Katheryn Winnick sont peut-être un cran en dessous, mais quelle importance tant tout tourne autour de Giamatti ? La réalisation est sobre, loin des artifices techniques qu’on aurait pu craindre du traitement d’un tel sujet aux portes du fantastique. On a déjà signalé la rupture de rythme entre les deux parties du film, et c’est sans doute le principal défaut d’un film par ailleurs indubitablement intelligent et attachant.
Note CinéManiaC :
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Mots-clés : avant-Premières, cinéactuel, cinéma américain, Cold souls, Ames en stock, Sophie Barthes





























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