
« Des Enfants gâtés » : sous le film sociétal du Paris des seventies, un portrait de femme

Pitch
Un cinéaste, en panne d'inspiration, s'installe seul dans un appartement de location. Sous le charme d'une voisine, il aide le comité de défense de l'immeuble en conflit avec le propriétaire et sympathise avec les locataires.
Notes
Bernard Rougerie, cinéaste reconnu, ne trouve plus l’inspiration pour écrire son prochain scénario. Il décide de quitter la maison et de s’installer seul dans un appartement de location. Peu réceptif aux problèmes de charges et de caution, il va immédiatement être coopté par les habitants de l’immeuble réunis en comité de défense contre leur propriétaire qui les exploite. Le soir de son arrivée, Anne, une jeune femme énergique et solaire, l’emmène à une réunion de copropriété, et, petit à petit, en fait d’être tranquille, Bernard participe à la vie de l’immeuble, allant dîner, boire un verre chez les uns et les autres. Pourtant ce n’est pas Bernard qui s’intéresse à Anne au départ mais le contraire, elle le veut et ne tarde pas à devenir sa maîtresse, ce qui, en fait, ne lui convient pas. S’en suit un portrait de femme libre et combative qui se superpose aux luttes de l’immeuble pour éviter les expulsions. 1977, quatre ans avant l’élection de Mitterrand, il n’existe aucune protection des locataires, les loyers libres, les propriétaires usent de tous les excès.
Si Tavernier voulait montrer Paris se délitant, déjà en prise avec la spéculation immobilière, la coût des loyers poussant les parisiens vers les banlieues, filmant les quartiers éventrés, les barres d’immeuble, peu à peu, son intérêt se déporte sur un portrait de femme, Anne, à la fois libre et asservie, victime du système (sans emploi, à la fin du film, obligée de déménager pour Evry) mais néanmoins actrice de sa vie de femme : avec Bernard, elle ne veut pas d’une histoire d’amour au rabais, elle y mettra le mot fin. Un long monologue sur le plaisir féminin est dit par Christine Pascal/Anne dont on se demande un peu ce qu’il fait là dans le film hormis mettre un point sur le i de la femme libérée que veut nous montrer le réalisateur. Mais, au fond, c’est plus simple que ça, on est dans les années 70 et il y a cette liberté de ton qu’on ne retrouverait plus de nos jours. A noter la savoureuse prestation de Michel Aumont, ami cynique de Bernard Rougerie.
"Des enfants gâtés", la vie dans un quartier de Paris déjà exploité par les promoteurs,1 histoire d'amour condamnée d'avance,tout sonne vrai
— Cinémaniac / CNM (@Cine_maniac) October 10, 2014
Et aussi
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Diffusion
« Félicité » (1978)
« La Garce » (1984)
« Zanzibar » (1988)
« Le Petit prince a dit » (1992)
« Adultère, mode d’emploi » (1995)
Notre note
(4 / 5)









