06 - 02
2009
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Qu'ont en commun un film allemand "Ecole de Berlin" épuré, dépouillé, quasiment comportementaliste, et une comédie sentimentale anglo-américaine cossue avec deux stars au générique? Le fossé entre le discret "Ferien" ("vacances") et "Last chance for Harvey" ("Last chance for love") avec Dustin Hoffman et Emma Thomson est immense... D'un bord, la relève, le nouveau cinéma réalité, la vie comme si l'on y était, qui, mine de rien, ne ménage pas le spectateur, de l'autre, du cinéma formaté pour s'évader "safe" où tout est édulcoré, enjolivé, les brushings léchés, les répliques écrites sur mesure, malgré une idée semi-courageuse : montrer une histoire d'amour avec deux amoureux qui ont passé l'âge du rôle sur les écrans US en compensant par un casting choc pour amortir le choc... Deux écoles, deux cinémas... En commun, ces deux films n'ont rien sauf leur date de sortie proche : 18 évrier et 4 mars 2009 et le fait... que je les ai vus cette semaine à 48h d'intervalle...
"Ferien" ("Les Vacances") de Thomas Arslan
Un sujet apparemment simple : Un couple et ses enfants viennent passer leurs vacances en famille à la campagne. L’envers du paradis familial, le mirage citadin d'une vie simple près de la nature ou l'inverse, on s'ennuierait moins en ville...
Laura, Paul et leurs deux enfants, viennent passer leurs vacances chez la mère et le beau-père de Laura dans leur maison à la campagne. Dès le bonjour de Laura à sa mère, Anna, on sent une tension entre les deux femmes, avec Paul, son mari, ce n’est pas mieux, il l’agace. Aussitôt arrivée, Laura regrette d’être venue, seule sa grand-mère semble l’émouvoir. Présentée comme une vieille dame tonique, son statut ne tarde pas à changer, sa fille Anna parle d’elle comme un problème, on ne va pas la mettre à l’hospice, elle est seule et malade…
Dans cette maison au cadre idyllique, nature et bord de l’eau, personne n’est satisfait de son sort : Max, ado rêveur, le fils d’Anna et Robert, son compagnon, rêve de déménager en ville. Anna elle-même finit par déclarer qu’elle ne supporte plus cette maison. A la première occasion, Laura avoue à Paul qu’elle a un amant à Berlin. Anna regrette en secret son premier mari, le père de Laura et Sophie, ses deux filles. On ressent parfaitement le repos qu’inspire ce paysage silencieux, ensoleillé et vert, un calme bientôt englouti par les conflits et les tensions qui vont aboutir à l’absurde idée d’une solution : vendre la maison et de retourner en ville, à Berlin, fuir…
Il ne manquerait pas grand chose à ce film pour être nickel, quelques aspérités, quelques pics d’intensité dramatique, quelques rebondissements, et pourtant... c'est cela le style "Ecole de Berlin", le poids de la vie comme si on y était, l'ennui existentiel, les frustrations, les rares joies et les conflits larvés, les scènes qu'on dirait tournées en temps réel, les détails infimes qui disent tout en un plan, un mot, les acteurs inconnus, habillés et coiffés comme tout le monde, l'anti-glamour, l'anti-rêve qui n'exclut pas les idées de mise en scène et la description sans concession de la middle class allemande au delà de l'exemple individuel...

Harvey Shine, compositeur de jingles ringards pour la pub, vient de s'entendre dire par son boss qu'il est viré, que le séjour à Londres pour le mariage de sa fille lui fera le plus grand bien... Arrivé à Londres, Harvey est mis au piquet dans un hôtel sinistre tandis que tous les invités sont hébergés dans une grande maison louée par son ex-femme et son nouveau mari. Ce qui est bien vu, c'est le casting du couple de parents : face au second mari de l'ex-femme de Harvey, lui-même petit et gauche, mal fagoté, son successeur est superbe, élégant et immense... Quant à la mine condescendante et "qui a beaucoup souffert" de l'ex-épouse, elle suciste immédiatement l'antipathie. D'ailleurs, sa fille préfère que ce soit son séduisant beau-père qui la conduise à l'église et non pas son père.
La seule nouveauté de cette comédie sentimentale, non négligeable compte tenu de ce qu'on voit au cinéma en général, c'est l'âge des protagonistes, le thème de la seconde chance en amour, peut-on encore espérer se caser après la quarantaine, la cinquantaine après avoir accumulé les déceptions et les échecs de toute une vie? Peut-on espérer refaire sa vie quand le match est plié? Un sujet qui colle bien avec l'augmentation de la longévité qui fait qu'on ne pourra pas éternellement se cantonner à montrer au cinéma des amoureux qui ont 20 ans et des poussières. Tout comme l'Oréal engage Jane Fonda pour sa dernière crème anti-rides, ici, on fait appel à deux acteurs parmi les plus doués des années 80 : Emma Thomson et Dustin Hoffman, : si l'on ne peut s'empêcher de penser que des acteurs de cette trempe pourraient employer leur talent pour des rôles plus forts, bien évidemment, ils sont nickel.
Note CinéManiaC :

Note CinéManiaC :

Mots-clés : avant-Premières, cinéactuel, cinéma allemand, cinéma américain, Ferien, Thomas Arslan, Last chance for love, Joël Hopkins




























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