24 - 02
2008
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Dixon Steele, scénariste autrefois célébré à Hollywood, est un écrivain sur la touche, faute de se plier au système de formatage des studios, solitaire, ombrageux, révolté et violent, abonné aux rixes. Un soir qu’il se laisse convaincre dans une boite de nuit par son agent de lire un roman dont on lui propose d’écrire le scénario, il recrute la jeune femme du vestiaire pour le faire à sa place. Parce que la jeune femme a passé sa soirée au vestiaire, captivée par ce roman à l’eau de rose, Dixon Steele lui demande alors d’annuler son rendez-vous avec son amoureux pour le suivre et lui en faire un résumé. Flattée d’être intégrée à un projet de cinéma Hollywoodien, l'ingénue accepte cette situation ambiguë. Le lendemain matin à l’aube, la police vient chercher Dixon Steele qu’on soupçonne, à cause de ses antécédents, de l’assassinat de la jeune femme retrouvée morte par strangulation à peu près à l’heure où il affirme qu’elle est partie de chez lui. Hors, Lauren Gray, une blonde voisine toute neuve a croisé Dixon Steele et la jeune fille quand ils arrivaient ensemble dans leur résidence. Convoquée également au commissariat, la voisine affirme avoir aussi vu la jeune fille repartir seule, elle en est sûre parce qu’elle observait ensuite cet homme dont le visage lui plaît tant.

Gloria Grahame et Humphrey Bogart
Après cette déclaration si directe faite devant lui, Dixon Steele va voir sa vie transformée du jour au lendemain par son histoire d’amour passionnée avec Lauren. Métamorphose de l’écrivain devenu bourreau de travail discipliné à écrire son scénario et gentleman multipliant les gestes attentionnés pour cette femme aimée qu’il veut épouser trop vite. Brève accalmie car la colère de Dixon Steele va refaire surface et avec elle la jalousie. Sur le point de tuer un automobiliste avec qui il a une algarade une nuit sur la route, Lauren l’en empêche in extremis. La première scène du film définissait le personnage de Dixon Steele par une bagarre de ce genre en voiture où l'autre conducteur s’échappait. A partir de ce moment de vérité, Lauren se met à avoir peur de Dixon Steele qu’elle aime toujours, elle prend des somnifères en cachette, elle ment, elle louvoie ce qui va aggraver les choses. N’osant pas répondre non à la demande en mariage de Dixon, Lauren tente d'organiser sa fuite.

Ce film fait penser à un autre film (ultérieur mais je l’ai vu avant…) de Nicholas Ray "Bigger than life" (Derrière le miroir",1956) mettant en scène un homme (Dick Bogarde) perdant le contrôle à cause d’une maladie soignée à la cortisone, médicament agissant comme un détonateur qui fait exploser la façade du rêve américain aseptisé des années 50. Ici, c’est à peu près le même thème, un homme révolté, broyé par le système des studios Hollywoodiens, perd les pédales au point d’être capable d’un meurtre. Témoin de cette démolition totale par la politique du seul profit des studios, le personnage du Tragédien, devenue un alcoolique sénile qui déclame des tirades d’un art qui n’intéresse plus personne et dont le seul ami est Dixon Steele. Ce film d’inspiration doublement autobiographique, la révolte artistique de Ray et son mariage agonisant avec Gloria Grahame, est extrêmement touchant, comme un cadeau d’adieu*** à sa femme qu’il sauve de ses démons dans un faux happy end plus triste que la mort.
*** "I was born when she kissed me. I died when she left me. I lived a few weeks while she loved me." (extrait du film et du scénario écrit par Dixie qu'il faire lire à Lauren)
Note CinéManiaC :

Mots-clés : cinéfilmNoir, cinéma américain, In a lonely place, Le Violent, Nicholas Ray































































