14 - 09
2010
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Pitch.
Ayant atteint la majorité, une jeune fille élevée avec son frère par deux mères homosexuelles, veut connaître le donneur de sperme à l'origine de sa conception. Mais l'homme en question va semer la zizanie malgré lui...
Ayant atteint la majorité, une jeune fille élevée avec son frère par deux mères homosexuelles, veut connaître le donneur de sperme à l'origine de sa conception. Mais l'homme en question va semer la zizanie malgré lui...
Joni, baptisée ainsi en hommage à la chanteuse Joni Mitchell, va fêter ses 18 ans, l'âge d'accéder à son dossier d'adoption. Elevés par Nic et Jules, deux mères homosexuelles, Joni, sur le point de partir à l'université, et Laser, son frère cadet, 15 ans, ont depuis longtemps envie de connaître leur géniteur biologique, soit le donneur de la banque de sperme à la laquelle ont fait appel les deux femmes en 1991 et 1993. Paul, qui n'y pensait plus, reçoit un appel de Joni pour le rencontrer, il accepte. Mais Paul, célibataire endurci fort sympathique, ayant réussi dans la restauration, n'a pas la fibre paternelle très développée malgré sa bonne volonté, et, surtout, il marche à la sympathie, la séduction.
Devenu copain avec Joni et Laser, tout va bien entre Paul et les enfants. Il n'en est pas de même avec le couple Nic et Jules qui a du mal à accepter l'incursion de Paul dans leur famille. Nic, gynécologue, femme énergique, porte la culotte dans le couple qu'elle forme avec Jules, femme-enfant baba-cool, fragile, peu sûre d'elle, architecte sans emploi, ayant à présent des velléités de devenir paysagiste. C'est sur ce point où Nic ne fait pas confiance aux projets de Jules que la situation va déraper... Pour se faire bien voir des deux mères, Paul propose à Jules de l'engager pour refaire son jardin, cette dernière accepte en pensant avoir enfin trouvé un client pour son entreprise. Mais Jules et Paul se plaisent et Nic n'en sait rien...
Un sujet de société traité sur le ton de la comédie avec son lot de comique de situation, c'est le bon choix car la configuration parentale de deux mères gay élevant deux enfants n'était pas facile à défendre encore aujourd'hui, en cela le film est intelligemment militant. Pourtant, malgré cette liberté apparente, on verra que la fin du film va défendre le modèle familial, les américains étant toujours moralement corrects en toute circonstance... Le couple formé par Nic et Jules est assez stéréotypé s'agissant surtout du personnage d'Annette Bening correspondant bien à l'archétype de la lesbienne hyper-masculine, costume, cheveux très courts, brusquerie, telle qu'on l'imagine vue du pont hétéro. En revanche, la composition de Julianne Moore est assez géniale, très sensible, fausse adulte demeurée mentalement dans les années 70 dont elle porte encore un peu le look, jean, tunique indienne, cheveux longs, prêchant sans cesse la concertation et le dialogue avec ses enfants, dépassée par un peu tous les évènements, qu'on imagine bien ancienne adepte de l'amour libre, un comportement lui revenant naturellement quand elle reste seule avec Paul dans son jardin.
On rit beaucoup en regardant ce film, d'autant plus qu'on l'a vu en avant-première au 36° festival du cinéma américain de Deauville où la programmation était sinistre... Dans l'ensemble, c'est plutôt réussi, hormis quelques gags un peu lourds et la fin si politiquement correcte. Mark Ruffalo dans le rôle difficile de Paul livre une belle prestation et le couple Annette Benning/Julianne Moore fonctionne. Un film qui pourrait bien devenir culte avec le temps...
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Mots-clés : avant-Premières, cinéactuel, cinéma américain, The Kids are all right, Lisa Cholodenko





























Commentaires
Merci beaucoup pour cette critique développée!
J'hésitais encore un tout petit peu, mais après lecture c'est décidé, j'irai voir le film!
J'aime beaucoup Mark Ruffalo, j'adore Julianne Moore, le sujet a été peu traité au cinéma jusqu'ici et j'aime bien le travail de Lisa Cholodenko (on lui doit le beau "High art", d'ailleurs récompensé à Deauville en 1998 et, dans une moindre mesure, le sympatique "Laurel Canyon" avec Frances McDormand et Christian Bale).
Je vais patienter jusqu'au 6 octobre!
PS: Le titre pour l'exploitation française, mi-français mi-anglais, est assez décevant, non?
Mister Loup - 14.09.10 à 15:31 - # - Répondre -
← Re:
Le titre est complétement idiot, incapable de se décider français ou anglais... Pour Mark Ruffalo, je n'étais pas hyper-fan mais dans ce film il est vraiment bien. Je n'ai pas vu les autres films de la réalisatrice, j'avais toute virginité en allant à la projection!!! Tu m'en diras des nouvelles, donc!
vierasouto - 15.09.10 à 10:44 - # - Répondre -
Pas de souci, je te dirai ce que j'en pense!
Mark Ruffalo, j'ai accroché à partir de "Ma vie sans moi" (très très beau film d'Isabel Coixet) et je l'ai bien aimé ensuite dans "We don't live here anymore", "Eternal sunshine" ou "Blindness" (avec Julianne Moore again)! Et puis il a encore d'autres bons films au compteur ("Reservation road", "Max et les maximonstres", "Zodiac", "Shutter Island", etc.). A suivre donc! ;)
Je vois qu'on est d'accord pour le titre "français"! Mais où vont-ils chercher tout ça?!... ;)
Mister Loup - 15.09.10 à 23:15 - # - Répondre -
J'ai eu la chance de voir le film à Deauville, et j'avoue que je suis un peu perplexe d'entendre tant de gens parler de cette fin si "politiquement correcte" tous pour des raisons différentes... Certains reprochent au film de traiter ce (très beau) couple de femmes comme un "couple normal" - ce qu'elles sont - et c'est au contraire là une de ses finesses, à mon avis, à la Brokeback Mountain. D'autres regrettent qu'une lesbienne se laisse aller à tromper sa femme avec un homme, quand au contraire il serait plus évident qu'elle la trompe avec une femme... Rien là, non plus, de politiquement correct, mais au contraire une envie d'aller plus loin que les clichés qui auraient été évidents, car ce n'est pas l'homme qui la séduit, c'est l'image qu'il lui donne d'elle et sa ressemblance avec ses enfants qui la troublent... D'autres encore prétextent que, de toutes façons, puisque ce sont des lesbiennes il n'y a rien de plus normal que les aventures... Le politiquement incorrect aurait-il été un "ménage à trois"? N'y aurait-il pas, surtout, derrière ce "politiquement correct" qu'on reproche à ce film, une belle projection de fantasmes sur ce que "devrait être" un couple de lesbiennes dans un imaginaire collectif encore un peu rétrograde...?
Qu'un couple (quel qu'il soit) puisse simplement dépasser une crise et rester ensemble sans forcément se séparer au premier drame dans la maison, est-ce si "politiquement correct"? Je trouve au contraire que c'est une vision pleine d'espoir.
Camille - 21.09.10 à 12:34 - # - Répondre -