« The Shameless », « Cart », « Gi-Hwa » : une journée au FFCP

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Pitch

Hier, ma journée au Festival du Film Coréen à Paris au cinéma Publicis, fut éclectique, avec un polar noir, un drame social, une comédie absurde...

Notes

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« The Shameless » de OH Seung-uk

Très beau film noir que j’avais déjà eu l’occasion de voir au dernier festival de Cannes, sélection officielle Un Certain regard (voir la présentation à Cannes…)

Jung Jae-Gon, un lieutenant de police plutôt beau gosse, traque sans relâche un criminel dénommé Jun-gil. Hors, ce gangster travaillait autrefois avec un riche homme d’affaires riche, un certain Monsieur Park. Mais une femme les a séparés, la trop séduisante Kim Hye-kyung. Quand il a su que Hye-kyung était la maîtresse de Jung-gil, Park a renvoyé cette somptueuse femme fatale dont il avait fait une reine. Splendeurs et misères des courtisanes… Aujourd’hui déchue, flétrie par les années et les galères, Hye-Kyung gère un bar miteux, le « Macao », tout en conservant sa superbe d’antan dans une certaine mesure. C’est fascinant comme cette femme fatale oscille entre l’assurance et l’élégance, acquises lors des ses années de succès, et la déchéance maîtrisée, la désespérance, amoureuse de Jun-gil, son amant devenu junkie. Quelle allure dans ce trench en dentelle beige que Hye-Kyung porte pour un rendez-vous, son allure fière, sa beauté relevée par un maquillage savant, qu’on la dirait revenue des années en arrière, conquérante, sûre d’elle, car quand on l’a été un jour, on le reste toujours, un peu, d’une façon résiduelle…

Lui cachant qu’il est un flic, Jae-gon se rapproche dangereusement de Hye-Kyung, beau portrait de femme fatale, fut-elle désespérée, portant la poisse à tous les hommes qui l’approchent, son amour complexe pour l’un ou l’autre n’y changeant rien. Comprenant que le flic est fou d’elle, a-t-elle ses sentiments pour lui? On n’en saura rien, sans doute il la touche et rassure sa capacité à être désirée plus que tout, même aujourd’hui, déchue, si ce n’est qu’elle est liée viscéralement au gangster Jun-gil comme une prostituée à son mac et qu’aucun homme n’arrivera jamais à la hauteur de cette loque couchée chez elle en état de manque, attendant qu’elle trouve un dealer…

Un film fascinant, focalisé sur le portrait d’une femme fatale qui a trouvé son maître, acceptant lucidement et par une irrépressible passion qu’il l’entraîne dans sa chute. L’ambiance est sombre, verdâtre, les personnages tragiques, un drame noir que le cinéaste met en scène dans la même absence de couleurs, désaturées, les rues désertes, le ciel bas le cynisme des collègues policiers, film noir livide. Pas étonnant que ce film ait été retenu en SO à Cannes dans la section UCR, on est au meilleur du cinéma coréen opérant une brillante synthèse entre drame passionnel et film noir.

 

 

 

 

 

 

Et aussi

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« Cart » de BOO Ji-Young

Dans la supermarché « The Mart » où le personnel est essentiellement féminin, se trame un processus de licenciement en masse à l’occasion d’une restructuration du siège. 50 employées qui avaient signé un CDD jamais reconverti en CDI, sont dans le collimateur. Exploitées par le supermarché, des employées modèles comme Madame Han, font régulièrement des heures supplémentaires la nuit sans supplément de salaire, avec cinq années sans une faute, elle sera pourtant sur la liste des licenciées. Car tout est prétexte à avilir les employées pour satisfaire le client-roi, comme des excuses à genoux auprès d’une dame à qui on avait demandé d’ouvrir son sac à main avec des objets venant d’après elle d’un autre magasin. Les 10 commandements pour satisfaire le client sont grotesques si ils ne cachaient sous leur apparente idiotie des motifs de renvoi pour tout et rien.

Soudain, les cinquante employées vont se rebiffer, créer un syndicat et faire grève. Les tentatives de corruption de la part de la direction macho (« ce ne sont que des femmes ») passant des messages de proposition d’emplois à quelques uns pour faire dissoudre le mouvement, ne marchent pas, dans un premier temps… Car chacune a une vie chiche et besoin de ce salaire pour faire vivre sa famille avec un peu tous les cas de figure dans ce groupe.

Drame social, le film montre d’abord que la plupart des employées sont sur-qualifiées, n’ayant pas pu trouver de travail ailleurs après l’université, etc… Montre ensuite les procédés ignobles des patrons eux-mêmes employés d’une multinationale, n’ayant aucune idée ni envie de connaître l’aspect humain de la charrette des 50 employées virées.

Un film plutôt classique et très efficace dans sa première partie, les deux premiers tiers, en fait, cependant, le dernier tiers du film est confus, des longueurs, des exagérations moins crédibles, une dramatisation moins réaliste.

 

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« GI-WHA »

« GI-HWA » de MOON Jeong-yun

Deux amis, comme des frères, célibataires, Hee-yong et Seung-cheol, attendent la sortie de prison du fils de l’un des deux. Le jeune homme, sorti de prison, suit les pérégrinations infantiles, voire régressives, de deux amis. En chemin vers leur village natal, le trio se fait quatuor avec la rencontre d’une jeune femme maltraitée qui se joint à eux.

Je n’ai rien compris à ce film où deux hommes, l’un, quasiment demeuré, accumulant les bévues dans le genre Pierre Richard (l’acteur est très drôle) et l’autre, irresponsable, se ruinant au jeu, passent leur temps à se disputer, se réconcilier, et parfois, partager des bons moments. Vont-ils à la recherche, adultes, de leur enfance? Possible… J’ai beaucoup ri, dans un premier temps, et puis, peu à peu, c’en était trop et davantage, je suis sortie pas très loin de la fin, dans les faits, mais, j’ai un mot d’excuse, on aurait dit que ce film, n’allant nulle part (disons que je n’ai pas compris sa direction), ne finirait jamais…

 

 

 

Notre note

(3,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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