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« La Villa » : entre nostalgie et colère

focus film Robert Guédiguian, sortie 29 novembre 2017

Pitch

Un homme âgé, vivant seul, vient d'être victime une attaque cérébrale qui le laisse paralysé. Ses trois enfants se réunissent. Pour deux d'entre eux, c'est "le retour à L'Estaque"...

Notes

L’Estaque a bien changé. Autrefois village ouvrier et fier de l’être, plein de vie, plein de monde, aujourd’hui, déserté, silencieux, les cabanons et maisons qu’on construisait ensemble hier vendus à des BoBos qui y viennent  en vacances un mois par an. Sauf « la villa » habitée par un homme solitaire, veuf, âgé, malade, qui vient de faire un AVC. Ses enfants arrivent, Du mois deux d’entre eux car Armand (Gérard Meylan) n’a jamais bougé, s’épuisant à tenir à flot le restaurant familial d’autrefois avec les plats simples et des prix bas que pouvaient s’offrit la population d’alors. Débarquent le son frère, Joseph (JP Darroussin), et sa petite amie « trop jeune » (Anaïs Demoustiers), comme il le dit lui-même, et Angèle (Ariane Ascaride), actrice connue, qui avait tourné la page de l’Estaque, traumatisée par un drame familial qu’elle n’a jamais pardonné à son père. Petit à petit, le petit groupe se ressoude et chacun se remet en question…

"La villa" (photo Diaphana)

« La Villa » (photo Diaphana)

Et aussi

Entre nostalgie (superbes flash-backs) et colère, le réalisateur veut ajouter une note d’espérance car la vie et le combat politique doivent continuer malgré tant de désillusions. Angèle vit une histoire d’amour avec un jeune pêcheur, les trois frères et sœur décident de recueillir des migrants qu’ils cachent dans la villa ; pourtant, malgré la volonté de Robert Guédiguian de refuser de baisser les bras dans l’adversité et de renoncer à la lutte politique, l’inconsolabilité de la jeunesse envolée, du paradis perdu qu’était l’enfance, l’adolescence, dans ce petit port de pêche tant aimé, prend le dessus. Le port de l’Estaque, personnage central, est filmé telle la plus belle région du monde, celle qu’on ne cessera jamais d’aimer. Étrangement, on aime souvent plus les lieux que les gens, ils véhiculent et symbolisent tout ce qu’on a aimé inconditionnellement et dont il est impossible de faire le deuil. Aussi, il y a beaucoup d’émotion dans ce film, déclaration d’amour à un lieu indissociable d’une époque, un film qui se voudrait in fine porteur d’un message d’espoir quand tout objectivement ne peut que vous désespèrer.

"La Villa" (photo Diaphana)

« La Villa » (photo Diaphana)

Ce n’est pas le meilleur film de Robert Guédiguian, inégal, pourrait-on dire en un mot, même si certains passages confinent au sublime, mais les films de ce réalisateur sont tellement au dessus du lot que « La Villa » est néanmoins un des beaux films de la rentrée. D’autant que l’universalité du sujet central, le choc émotionnel  du retour « chez soi » trente ans plus tard pour constater l’extinction d’un monde qu’on a tant aimé, aurait pu en faire un film majeur si on s’en était tenu là. Le louable message additionnel « la vie continue » et avec elle la poursuite du combat politique m’a peu convaincue mais peut-être s’agit-il de ma sensibilité peu optimiste.

 

Annexe

Dans la BO du film : beaucoup des magnifiques Concertos pour mandoline de Vivaldi et « I Want you de Dylan » (sur un flash-back soudain et superbe de la jeunesse des personnages).

Bob Dylan – I Want You from argibaldmars on Vimeo.

Bande annonce

Notre note

4.0 Stars (4,0 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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