
« Un illustre inconnu » : mon nom est personne

Pitch
Un agent immobilier sans vie privée que celle des autres va un jour passer à l'acte et usurper l'identité d'un célèbre musicien, brisé par l'existence, un aller simple pour une vraie vie?
Notes
Sebastien Nicolas est un agent immobilier dévoré de solitude qui fait un peu penser à Jean-Pierre Léaud dans le film d’Aki Kaurismaki, « I hired a contract killer » (les repas pris seuls dans un coin d’une cuisine lugubre cadrée comme un tableau, l’excellence au travail, le vide intérieur, la tentation du suicide). Trop parfait, ne ressentant rien dans la vie de tous les jours, il fait semblant. Sebastien a néanmoins une double vie fantasmatique : il se déguise, par exemple, en clients qui achètent ou louent un appartement, créée des masques, apprend leur voix, se fait passer pour eux. La double vie de SN est symbolisée par sa cave, véritable laboratoire de travestissement, perruques, peintures, maquillages, masques en latex.
Mais un jour qu’il doit se mettre en quête d’un bel appartement à Paris pour un grand musicien handicapé après un accident de voiture, Henri de Montalde, les choses ne se passent pas comme d’habitude. L’homme, misanthrope et haineux de la société, comprend que SN ne ressent rien et cela fait son affaire ; Montalde avoue avoir toujours ressenti les émotions des autres et ça le dérangeait dans sa musique (ce pourquoi il jouait le dos tourné au public) ; ainsi, son assistance dévouée que Montalde insulte pour répondre à son désir d’être maltraitée (là, on retrouve l’influence Romain Gary, d’abord, pour la double identité, ensuite, pour « La Vie devant soi » où le héros insulte la concierge afin de lui donner un grief). Un accident se produit, SN prend définitivement la place de Montalde… Mais les ennuis arrivent, la police soupçonne une imposture.
"Un illustre inconnu" : 1univers à la Pessoa, vertige du vide existentiel mais 30 mn de trop+virage positif en contresens #unillustreinconnu
— Cinémaniac / CNM (@Cine_maniac) October 28, 2014
Et aussi
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Annexe
A noter le mini-scandale de l'initiative d'une agence de com sans scrupules (recrutée par le distributeur) qui n'a pas hésité à usurper l'identité Facebook de 40 bloggers (je n'en étais pas, heureusement) ou autres professionnels du cinéma à des fins promotionnelles (montage d'une vidéo censée illustrer le thème du film), ça a fait le buzz, c'était l'objectif. Beaucoup de bloggers ont protesté, même si on leur a expliqué que c'était "un jeu" faisait référence au film, que ce n'était pas bien méchant... Mais l'usurpation d'identité étant passible de 15.000 Euros d'amende, l'agence agissant en toute impunité, misant sur la sidération des bloggers qui n'ont pas osé porté plainte (craignant de louper la prochaine invit?), jusqu'où ira-t-on? Le réalisateur a remercié le "fair-play" des bloggers venus voir le film malgré cette "agression", lui seul, semble en avoir pris la mesure...
Notre note
(4 / 5)







