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«Ecstasy and me», Hedy Lamarr, autobiographie de «la plus belle femme du monde »

focus culture / livres Hedy Lamarr, 1966, sortie 5 avril 2018

Pitch

En 1966, à 51 ans, une des plus grandes stars du cinéma Hollywoodien ses années 30/50, Hedy Lamarr écrit ses mémoires, la gloire et la fortune l’ont désertée...

Notes

Née Hedy Kiesler à Vienne en 1914, Hedy Lamarr démarre sa carrière en Autriche à l’âge de 19 ans ans avec un scandale en jouant dans le film « Extase » (1933) ou son visage en gros plan semble simuler l’orgasme et où elle court se baigner nue dans une rivière : elle raconte le tournage d’ «Extase» dans son livre, un tournage qu’elle aborde dans un état d’esprit naïf et crédule, beaucoup moins scandaleux que le résultat d’un film qui fut interdit aux USA par là censure jusqu’en 1940. Elle épouse ensuite Fritz Mandel, un des hommes les plus riches d’Allemagne avec qui elle mène un train de vie princier mais dont elle se rend vite compte qu’il la considère comme un trophée et qu’elle étouffe.

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Elle se sauve, sans le sou ou presque, et recommence sa vie en tentant sa chance à Hollywood. Très vite, elle est promue au rang de star, ayant contracté un contrat de 7 ans avec la MGM sous la houlette du puissant Louis B Mayer qui la rebaptise aussitôt Hedy Lamarr. Si sa beauté exceptionnelle et sa classe naturelle lui valent d’être sacrée « la plus belle femme du monde », elle peine à trouver de grands rôles, souvent jugée trop froide, trop altière pour interpréter des rôles de composition dont on ne la croit pas capable et durant toute sa carrière, elle tentera de prouver le contraire, allant jusqu’à claquer la porte de la MGM pour produire ses propres films. Sans grand succès. Du temps de la MGM, un de ses films le plus réussis est «Casbah» (1938) avec Charles Boyer, remake de «Pépé le Moko » avec Jean Gabin. Elle donne aussi la réplique aux plus grands acteurs de l’époque, à Clark Gable, à Spencer Tracy, mais n’aura jamais le poids artistique  d’une Joan Crawford ou d’une Bette Davis. Prêtée aux studios Paramount, son film le plus connu et le plus rentable demeure «Samson et Dalila » (1949) de Cecil B de Mille.

«Casbah»

«Cashbah»

«Samson et Dalila »

«Samson et Dalila »

Parallèlement, si Hedy Lamarr aime le sexe auquel elle est dépendante jusqu’à la nymphomanie, ce qu’elle confesse sans tabou dans son autobiographie, elle demeure une femme libre, sans doute trop libre et libérée pour l’époque, ne cachant pas ses aventures féminines à l’occasion, à la réputation sulfureuse, refusant toute liaison ou compromis utile à sa carrière. Pour couronner le tout, Hedy ne joue pas le jeu des studios, elle a rompu son contrat avec la MGM, n’aime pas les mondanités, préfére la montagne et les grands paysages lui rappelant son Autriche natale, demeurant mentalement la petite fille unique qui voulait être aimée, ne rêvant que d’un mari et d’enfants ; si elle sera ensuite une excellente mère, elle aura 6 maris dont aucun ne fera l’affaire. Toujours amoureuse (de ses nombreux psys, par exemple, voire d’une figurante, d’une actrice connue, de stars masculines comme Charlie Chaplin, Clark Gable, Tyrone Power, etc…), elle épouse un peu n’importe qui sur un coup de cœur : un scénariste (Gene Markey), un acteur bourru de seconde zone (John Loder), le propriétaire fauché d’un hôtel d’Acapulco (Teddy Stauffer) où elle etait venue se reposer pour fuir Hollywood (un mariage qui dura neuf mois…), le milliardaire pingre Howard Lee quand elle cherchait un financement pour produire un film, enfin, pour clore la liste, un certain Lewis Boies qu’elle n’avait pas vraiment envie d’épouser (mais il a insisté!), elle a alors cinquante ans, son passé d’ultra-star derrière elle, période pendant laquelle elle a dépensé 30 millions de dollars (surtout pour les autres), à présent ruinée, son dernier mari n’a pas d’argent non plus et le nouveau couple vit d’amour et d’eau fraîche….

Et aussi

L’autobiographie d’Hedy Lamarr, qu’elle écrit à 51 ans, retraitée depuis dix ans de l’Olympe des stars adulées à qui tout est permis et offert, faisant désormais parfois la une des journaux pour des vols sordides à l’étalage, est d’une sincérité désarmante s’agissant d’elle-même (elle édite même des comptes rendus de ses séances psy). Cependant, si elle décrit le Hollywood dévoyé et hypocrite des années 30/50 sans méchanceté apparente, et même avec une remarquable candeur, elle sait bien que sa description du dessous des cartes de l’âge d’or d’Hollywood par une ex-insider sera suffisamment parlante.

Si, étonnamment, elle ne parle pas de ses travaux scientifiques sur les systèmes de détournement des torpilles qu’elle avait mis au point pendant la deuxième guerre mondiale (et pour lequel elle avait déposé un brevet), dont on se rend compte depuis quelques années qu’elle avait inventé pas moins que le principe du GPS et du Wi-Fi (une découverte reconnue officiellement en 1997, trois ans avant sa mort), c’est sans doute parce que son livre se veut surtout le compte rendu de sa vie de femme dans un contexte exceptionnel, des mémoires surtout amoureuses. La première phrase du livre donne l’entrée ton « … dans ma vie… le sexe a joué un rôle prépondérant… »

On reste un peu sur sa faim car Hedy Lamarr aurait eu certainement infiniment plus de choses à raconter sur le fonctionnement du grand Hollywood et les autres acteurs de l’époque… Quant au style, c’est celui d’une bonne élève appliquée, assez plat (ce qui est peut-être voulu de sa part pour demeurer factuelle dans sa description des faits )… Néanmoins, le cinéma ne passionnait pas plus que ça Hedy Lamarr qui ne s’est jamais considérée comme une actrice ayant «le feu sacré»  mais plutôt comme une bosseuse acharnée qui adorait être une star, qui aimait aussi être une épouse et une mère, qui préférait la nature de son enfance aux soirées sophistiquées, qui voulait tout et son contraire en somme avec une seule ligne de conduite : ne jamais accepter de sacrifier sa liberté au système.

« Bombshell », un documentaire sur la vie d’Hedy Lamarr sortira bientôt sur les écrans, la date de sortie n’est pas encore connue.

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Diffusion

Éditions Séguier

Parution 5 avril 2018

Notre note

3.5 Stars (3,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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