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Édito 10 : Révolution Peace and love, le souvenir des utopies…

focus Édito/Culture

Pitch

L'expo "You say you want a revolution" vient de démarrer au Victoria et Albert Museum. 40 ans déjà.. La liberté au pouvoir est un souvenir acide..

Notes

Ils voulaient la contre-révolution. La musique sous acide qui ouvrait « les portes de la perception » (The Doors » appelés ainsi en hommage à Huxley), la liberté de s’habiller « n’importe comment » et de ne pas se coiffer, les cheveux poussaient… Ces hippies de luxe du Swinging London, précurseurs du Summer of love, font rêver quarante ans plus tard. Ils sont devenus des icônes… surtout si ils sont morts jeunes… d’une OD… (Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix, 27 ans pour toujours). Les réveils ont un goût amer… Il est impossible de faire une coupure entre la fin des sixties et le début des seventies, la vague libertaire fut immense et alla crescendo jusqu’au point de non retour.Le temps s’est arrêté à la fin des seventies et la liberté s’est figée. Sex, drug and rock’roll over.

Les boutiques culte du Swinging London s’appelaient Biba à Londres et c à peu près tout… les stylistes Marie Quant (célèbre pour avoir inventé la mini-jupe), Vivienne Westwood (en fait, elle fut quasiment inconnue jusqu’au mouvement Punk inventé par son génial mari Malcom Mc Laren) et Ossie Clark, car, pour l’essentiel, on s’habillait aux puces et on « customisait » ses vêtements soi-même. On déchirait ses jeans et on cousait des écussons achetés à Carnaby St pour les plus riches ou/et plus branchés. A la fin des sixties, Carnaby St était le lieu incontournable, « the place to be », cette ruelle, impasse au fond de la quatrième rue à droite en partant de Picadilly et en descendant Regent St, je l’ai connue… En 1969… C’était déjà un peu tard… Les Stones enterraient Brian Jones, à Hyde Park en juillet 1969 lors d’un concert hypocrite (deux portraits du guitariste de part et d’autre de la scène) mais resté légendaire ; mort d’une OD dans sa piscine, mis à l’écart du groupe, Brian Jones,  guitariste génial sans qui les Stones n’ont plus jamais été les Stones, s’était vu piquer sa petite amie (l’allemande Anita Pallemberg) qui lui avait préféré Keith Richards, « survivant » aujourd’hui. Défoncé comme tous les autres mais plus fragile… Marianne Faithfull (autre survivante), alors la compagne de Mick Jagger, jeune femme distinguée et cultivée, instable et junkie, assise au bord de la scène, souffla à Mick Jagger en costume de satin blanc et débardeur mauve, les couleurs du deuil, les vers de Shelley « il n’est pas mort, il s’est réveillé du rêve de la vie »…

En 1977, c’est l’émergence des punks, le paysage, et pas seulement musical, se modifie car ont explosé fin 60 début 70 tous les genres de musiques simultanément : le rock issu de la soul, la musique latino d’un Santana et le disco naissant d’une Donna Summer et les Supremes. La série « Vinyl » produite par Mick Jagger et réalisée par Martin Scorsese le montre parfaitement. « Vinyl », 1973/1974, ils y étaient et ils l’ont raconté, le NY de ces années-là, occupé aussi par les protégés d’Andy Warhol qui lança le Velvet underground avec comme chanteur un certain Lou Reed, encombré par présence de Nico, imposée par le maître (cette top allemande aura plus tard un enfant avec Alain Delon qu’elle abandonnera et sera l’égérie et compagne du cinéaste français Philippe Garrel).

On peut se demander ce que fait Warhol sur l’affiche de l’expo de Londres mais Manhattan prend rapidement le relai et la révolution peace and love est désormais partout jusque dans nos provinces… Andy et sa factory… Warhol, lassé d’Edie Sedgwick, top model célèbrissime et météore, sa préférée, son double (ils se coiffaient pareil de cette couleur platine sale) qui avait cédé aux faux sentiments d’un Bob Dylan, est rancunier, il la laissera quitter NY, ruinée, démolie par les drogues et les cachets sur ordonnance, mourir seule et ruinée ; redevenue brune et retournée dans sa province, Eddie S s’étouffera dans son sommeil auprès d’un mari assommant à moins de 30 ans. Le film « Ciao Manhattan » le raconte mieux que moi… Ensuite, Andy s’entichera des New York dolls, qu’il produira, lui, d’une radinerie légendaire, un groupe de rock efféminé et provocateur mais talentueux et hypnotique… C’est la fin du pilote de « Vinyl »…

Que penseront les générations qui n’ont pas connu l’époque de cette expo, de cette plongée en apnée dans un monde qui est aux antipodes du leur? Fin 60, à Londres, on fumait au cinéma et même dans les bus… Un autre monde…

 

 

Annexe

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

4 Comments

  1. veronique LECONTE -  18 septembre 2016 - 11 h 03 min

    Super article !! très intéressant et très riche en infos !! Je ne sais pas si ce sont les hippies qui font encore rêver ou leur mode de vie ! mais en tout cas, je suis sûre que la jeune génération doit se dire que c’était une belle époque , faite d’insouciance et que le gout de la liberté avait une saveur plus sucrée qu’actuellement !! Merci Camille !

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    • Camille Marty -  8 octobre 2016 - 2 h 59 min

      Le mode de vie et l’insouciance, la liberté, la création en tout mais le « dessous » des cartes des hippies, les vrais, comme on l’a raconté plus tard (Joan Didion, par exemple, qui a infiltré des communautés à SF à l’époque, dans le cadre de reportages)… était un peu différent mais c un autre sujet… Très intéresserant aussi.

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  2. Marie laure Lavault -  21 septembre 2016 - 8 h 46 min

    Bravo pour ce beau retour vers notre jeunesse ! Merci

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    • Camille Marty -  8 octobre 2016 - 3 h 01 min

      Merci, chère cousine. J’ai trop aller voir cet expo…

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