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« La La Land » : le film aux 7 Golden Globes

focus film Damien Chazelle, Sortie 25 janvier 2017

Pitch

À LA, tout est possible. Mia et Sebastian, elle, serveuse, lui, joue du piano dans des clubs miteux. Leur relation va-t-elle résister à la réalisation de leurs rêves?

Notes

"La La L'an" (photo SND)

« La La Land » (photo SND)

Il avait déjà tout rafflé au festival du cinéma américain de Deauville en 2014 : Grand Prix, Prix du public pour « Wisplash »*, Damien Chazelle, expert en musique, s’offre le luxe de remettre le musical, genre tombé en désuétude, au goût du jour. La présence de Ryan Gosling au casting est très avisée : non seulement l’acteur canadien au visage d’ange est adulé par toutes les générations de cinéphages/cinéphiles depuis « Drive » de NWR (pourtant pas le meilleur film du réal)* mais, peu de gens le savent, Ryan Gosling vient de l’école Disney où l’on apprend à chanter et danser et jouer la comédie, un atout de taille qui n’a sans doute pas echappé à Damien Chazelle.

Ryan Gosling existait avant « Drive » (« Half Nelson », « Love and secrets », mon film préféré avec lui, d’après l’histoire vraie d’un tueur qui a adoubé le film… et a avoué ses crimes depuis dans les toilettes en tournant le film de sa vie vraie vie dans une série documentaire non diffusée en France… « bien sûr que je les tués », trois personnes dont sa femme…) ; un jour, Ryan Gosling est allé chercher NWR afin de casser son image trop lisse (selon lui) avec qui il a tourné deux films « Drive » »****, « Only God forgives »***, tous les deux en SO au festival de Cannes. Aujourd’hui, il s’est tourné vers le prometteur Damien Chazelle à qui tout le monde pressentait du génie en un seul film (« Wisplash »*) et avec qui il a l’intention de tourner un second film. Et ensuite? Dans l’intervalle, Ryan Gosling est passé de l’autre coté de la caméra, ce qui nous a valu, aux blogs, une heure avec lui de questions et réponses après la projection de « Lost river »**, son film à lui, plus Lynchien, sombre et labyrinthique que grand public… Mais que cherche Ryan Gosling? Exister en tant que créateur et acteur au delà de son physique de rêve, sans doute… Exister…

La critique du film « La La Land » est du journaliste Vincent Desmonts, collaborateur du blog. Merci à lui pour la qualité de son article.

 

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**** Lien vers la critique « Drive »

« Drive » : portrait d’un lonesome cow-boy urbain

***Lien vers la critique « Orly God forgives »

« Only God forgives » : comme un opéra…

**Lien vers la rencontre avec Ryan Gosling et Reda Kateb…

« Lost river », rencontre avec Ryan Gosling et Reda Kateb

*Lien vers la critique  « Wisplash » :

« Whiplash » , le doublé Grand prix et prix du public : USDeauville 2014

Et aussi

"La La Land" (photo SND Films)

« La La Land » (photo SND Films)

Combien de réalisateurs prometteurs ont échoué à la terrible épreuve du second film ? La liste est longue. Damien Chazelle, auteur du génial « Whiplash », allait-il se prendre les pieds dans le tapis d’un projet trop grand pour lui ? Autant le dire tout de suite : avec « La La land », l’Américain signe un grand, un très grand film. Le pitch est pourtant vieux comme le monde. Mia espère devenir actrice et multiplie les castings humiliants. Sebastian est un pianiste de jazz idéaliste qui rêve d’ouvrir son propre club. Ces deux-là, quoi qu’ils en disent, sont faits l’un pour l’autre… Mais ce n’est pas tellement la love story qui intéresse Chazelle. Avec « La la land », il renoue avec l’âge d’or des comédies musicales américaines. Sans nostalgie aucune : dès la première scène, chantée, dansée et filmée avec une virtuosité digne des plus grands, Chazelle plante son histoire dans un Los Angeles on ne peut plus contemporain, au milieu d’un gigantesque… embouteillage. Ancien joueur de jazz lui-même, Chazelle maîtrise le tempo comme personne, alternant séquences enlevées et phases plus intimistes et contemplatives. Voire carrément oniriques et fantaisistes, un peu à la manière d’un Michel Gondry.

Dans « La La land », tout est possible, y compris de refaire sa vie (en musique, naturellement) et d’effacer les regrets et les échecs. Au passage, Chazelle filme un Los Angeles méconnu : celui du funiculaire (désaffecté) de Bunker Hill, du marché de Grand Central ou des Watts Towers. Il retourne aussi au mythique observatoire Griffith, lieu de tournage de « La fureur de vivre ». Voilà pour l’emballage, délicieusement réussi. Sur le fond, Chazelle reprend des thèmes déjà abordés dans « Whiplash » : Jusqu’où un artiste doit-il aller pour s’accomplir dans sa discipline ? Quelle est la part du sacrifice personnel dans la création ? Mais « La La land » y ajoute un grain de folie, comme le souligne l’émouvante chanson qu’interprète joliment Emma Stone lors de l’audition finale, « The Fools Who Dream ». Stone, toute en délicatesse, n’a pas de mal à convaincre le spectateur. Mais elle se fait voler la vedette par Ryan Gosling, qui trouve peut-être là son meilleur rôle, et que l’on découvre artiste complet, bon chanteur et étonnant danseur. La bande originale, signée Justin Hurwitz (qui travailla sur « Whiplash »), s’imprimera quant à elle durablement dans vos têtes ! Avec ce film, Damien Chazelle entre dans la cour des grands.

Critique de Vincent Desmonts, journaliste français.

Diffusion

SND FILMS

Sortie française le 25 janvier 2017

Bande annonce

Notre note

4.5 Stars (4,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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