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"L'Agression" : le charme résiduel du film seventies, même raté...

Gérard Pires, 1975



23 - 04
2009
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Le charme des seventies fait passer bien des pilules amères et ce film "L'Agression" en est une perle avec son générique de stars : Catherine Deneuve, JL Trintignant et Claude Brasseur, sans compter de nombreux acteurs débutants aux cheveux longs dans des petits rôles : Daniel Auteuil, Valérie Mairesse, et même Robert Charlebois...

"L'Agression" est une curiosité qui louche vers un impossible et ambitieux mélange d'"Easy rider" (les motos, la musique) et de "Psychose" (le psychopathe à sa maman), excusez du peu... Ca démarre par l'agression sanglante et sauvage d'une famille roulant sur l'autoroute des vacances
par un groupe de motards en cuir noir et ça finit sur un ersatz franchouillard d'Anthony Perkins dans "Pychose" marchant en patins sur le parquet de la maison de sa mère en écoutant les enregistrements de ses victimes.



photo Gaumont

Truffé d'incohérences, on atteint le sommet de la désinvolture quand Deneuve, cheveux longs platinés change subitement de tête dans la soirée pour une perruque blonde et courte! et sophistiquée qu'elle ne quittera plus lors de la seconde partie du film... Et que dire de la fin où Trintignant vient de descendre des motards mais il ne vient pas l'idée à la police de l'arrêter ou même de lui en toucher un mot!


photo Gaumont
 
Un homme part en vacances en famille en voiture vers la Grande Motte. Agressé la nuit sur la route par trois motards, sa femme et sa fille sont violées et assassinées. Débarque Sarah, sa belle-soeur qu'il n'avait pas vu depuis six ans (Deneuve). Ivre mort, il veut coucher avec elle, elle lui tape dessus à coup de chaises et révise sa position, s'offre à lui, et, désormais, elle ne lui parlera que de sexe... Pas un mot sur la peine qu'aurait Sarah pour sa soeur assassinée, on zappe, étonnant... Quant au veuf (Trintignant), ça dépend des scènes : le meilleur du film est au début avec la violence des démarches à la police, chez le juge, un monde hostile sans compassion où on questionne avec suspicion, l'accusant même d'être l'assassin de sa famille. Ensuite, comme il faut mettre Deneuve en valeur, on lui octroie un rôle assez frivole de jolie femme qui serait lasse de sa vie tranquille en Angleterre et chez qui le stimulus de ces meurtres familiaux aurait réveillé un tempérament aventurier. Et puis, les balades en moto se multipliant, autant la première scène était violente et à peu près crédible, les suivantes sont fastidieuses et font fonction de remplissage. Parce que le sujet affiché dans le pitch était au départ, non pas une histoire d'amour avec une belle-soeur tombée de nulle part, mais que le veuf (qu'on aurait imaginé logiquement traumatisé et inconsolable) voulait venger famille "par tous les moyens"...


photo Gaumont

Cerise sur le gâteau, si vous voulez voir comment la grande Deneuve fut capable de jouer complètement faux, ni dirigée ni non plus filmée correctement, c'est le film qu'il vous faut. Brasseur et Trintignant s'en tirent mieux. Pourtant, de cette époque fascinante avec ses accessoires oranges, ses cheveux longs (le chanteur qui continue à chanter, la mine ravie, alors qu'une bagarre générale avec les gendarmes a éclaté dans une boite est un grand moment...), sa liberté avec un L majuscule, même si ça peut tourner au grand n'importe quoi, on accepte à peu près tout. Rien que pour la nostalgie de la période de "la parenthèse magique", cette daube se regarde sans déplaisir! On n'oserait jamais aujourd'hui montrer un film aussi incohérent et mal fichu, un vrai document sur le cinéma de l'époque.

Démarrant au cinéma avec "Erotissimo" (comédie satirique plutôt drôle dans mon souvenir lointain) avec Annie Girardot et Jean Yanne, après  donc "L'Agression" en 1975, Gérard Pires se distinguera avec  le non moins subtil "Attention le yeux"  (1980) avec Claude Berri dans l'emploi d'un producteur obligé de se convertir au porno pour survivre...

Vu cette nuit sur CinéCinéma Frisson, il y a sans doute des rediff...


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un navet avec une distribution de luxe

Rien à ajouter à cette critique qui dévoile toutes les incohérences de ce film, dont on se demande quelle est son ambition: une histoire dramatique qui aurait pu donner lieu à un polar sur fond de vengeance et d'erreur concernant la cible,  tourne très rapidement en farce où Trintignant apparaît comme un jouisseur imbécile et cynique et Deneuve une cocotte en mal de baise (un rôle qu'elle tient bien, mais qui ne cadre pas avec le contexte)  !! Que devient le mobile du film? On nage dans l'invraisemblance et le délire. C'est vraiment gâcher de la pillucule  et des acteurs   dont les talents méritent mieux. Pirès qui dans "Fantasia chez les ploucs" manie l'invraissemblance et l'humour avec un talent qui donne au film toute sa saveur, fait ici un pastiche de la vengeance qui fait plofff !!!  

HERBE philippe - 02.01.12 à 10:00 - # - Répondre -

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