« Conspirators » (« Les Conspirateurs ») : l’anti-« Casablanca »?

focus film Jean Negulesco, 1944

Pitch

Durant la seconde guerre mondiale, un résistant Danois fait escale à Lisbonne à destination de Londres. Dans un restaurant, il tombe amoureux d'une femme trop belle qui cherche à fuir et s'installe à sa table...

Notes

Film d’espionnage pur et dur, ici, durant la seconde guerre mondiale, Vincent Van DER LYN, un résistant Danois, ancien professeur d’école, arrive à Lisbonne, ville neutre, où il fait escale à destination de Londres. Aussitôt le capitaine de police Pereira de la police locale note avec suspicion qu’il n’y a aucun visa sur le passeport de Van DER LYN, par où est-il passé pour arriver au Portugal? Pereira surveille alors Van DER LYN ainsi que Otto LUTZKE, chef du bureau nazi à Lisbonne. Par un concours de circonstances, Van DER LYN, attablé dans restaurant de luxe (il dit attendre ce repas depuis trois ans…) fait la connaissance de la superbe Irene VON MOHR qui semble se cacher, d’ailleurs elle fuit après lui avoir donné un nom : le casino d’Estoril et beaucoup de choses vont se passer, se tramer, entre les tapis verts et les joueurs très chics aux tables de roulette (la scène de la fin avec un numéro qui débusquera le traître est très bien faite).
Van DER LYN rejoint Ricardo QUINTANILLA, le chef de la résistance, qui vit dans la clandestinité au sein d’un village de pêcheur. Dans le réseau, il y a un traître et QUINTANILLA le sait… Irene et Vincent tombent amoureux l’un de l’autre, love at first sight, mais Irene a un secret, française déportée à Dachau, son mari, Hugo VON MOHR, diplomate allemand à Lisbonne, l’a sauvée et épousée, elle lui en est redevable.

 

Et aussi

Ce film qui fut comparé à « Casablanca » est plutôt l’anti-« Casablanca », mais compte tenu de l’histoire d’amour entre un homme fort et une femme fatale malgré elle, il y a quelques similitudes.

On est dans le schéma de l’amour impossible entre une femme trop belle et un inconnu héroïque, une fausse séductrice anxieuse qui s’avérera liée, aliénée, à son époux qu’elle n’aime pas. En ce sens, cela ressemble à « Casablanca » dans les grandes lignes, Bogart ne deviendra héroïque, contre toute attente, qu’à la toute fin du film, les sentiments entre lui et Ingrid Bergman sont complexes, leur relation d’autrefois révélée tardivement.

Ici, dans « Conspirators », tout est beaucoup plus simple, pas de sentiments antagonistes amour/haine mais un amour contrarié par le devoir et la guerre ; malheureusement, à l’écran, l’alchimie entre la somptueuse Hedy LAMARR et le fade Paul HENREID/VAN DER LYN ne colle pas vraiment, c’est elle et uniquement elle qui focalise l’attention du spectateur et le film lui doit beaucoup. Cependant, sans être un chef-d’œuvre, l’intérêt des « Conspirateurs » réside aussi dans une intrigue tout à fait valable mais surtout dans la description de ce Lisbonne, devenu cosmopolite et interlope, brillant à l’extérieur, gangrené de l’intérieur par les trahisons et les complots, que Jean NEGUSLESCO filme intelligemment à la manière expressionniste du film noir.

 

Heddy Lamarr

Heddy Lamarr

 

 

Notre note

(3,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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