21 - 04
2008
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Ce film de 1933 est paradoxalement nettement plus hard que seront ceux des années 40 et 50. La chaîne TCM programme jusqu’au 29 avril un cycle qu’elle appelle "pré-code", c’est à dire avant le code de censure Hays (1934) qui va aseptiser le cinéma américain pour les vingt années à suivre. Ni sexe ni violence ni même de scènes suggestives, d’allusions sexuelles ou de situations amorales, un an plus tard, "Baby face" n’aurait pas pu sortir… On comprend alors pourquoi ce film semble étonnamment moderne et audacieux, d’autant que Barbara Stanwyck en est l’héroïne, une actrice intemporelle dont le jeu est déjà en lui-même d’un modernisme surprenant pour l’époque, une des plus grandes actrices de Hollywood.
Employée dans le bar clandestin minable de son père, Lily Powers, malgré son tempérament énergique et volontaire, a l’habitude d’être exploitée par les hommes. Son père la vend aux clients, sa mère a quitté le foyer, sa seule amie, une employée noire maltraitée, lui remonte le moral. Pourtant un habitué du bar, féru de Nietsche, va lui servir de guide spirituel, lui offrir des livres comme "La Volonté de puissance" et la convaincre de devenir exploiteuse à son tour pour réussir en utilisant les hommes.
Portrait d'une garce professionnelle, prête à tout pour changer de catégorie sociale mais une garce qui a des excuses, prostituée par son père, abandonnée par sa mère, Lily, magnifiquement interprétée par Barbara Stanwyck, a-t-elle vraiment le choix des armes? En filigrane, le portrait d'une Amérique impitoyable où on est viré dans l’heure, où la fin justifie les moyens. La fin du film noir est entrouverte, on a dilué le noir pour du gris foncé…
Note CinéManiaC :

Mots-clés : CinéFilmNoir, cinéma américain, Baby face, Liliane, Alfred E Green
































































