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Idées Noël 2016 : quelques livres sur le Cinéma

focus culture

Pitch

Une sélection de livres sur le cinéma pour Noël, pas nécessairement ceux offerts à tous les médias traditionnels...

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Et aussi

« HOLLYWOOD, LA CITÉ DES FEMMES » (Actes sud)

histoire des actrices de l’âge d’or Hollywood de 1930 à 1955

Par le journaliste et écrivain Antoine Sire, une somme de plus de 1000 pages avec documentation exceptionnelle et catalogue extrêmement détaillé des femmes qui ont dessiné la cité des anges, et souvent pas celles qu’on attendait, pas les plus glamour qui sont citées rapidement. D’où un bémol : les actrices choisies sont souvent peu connues du grand public, l’auteur préfère, par exemple, la fade Jeanne Craig (rôle un peu oublié de la sœur) à la somptueuse Gene Tierney (rôle principal) dans « Péché mortel », perle du film noir… Ida Lupino, actrice dont le physique n’a fait rêver personne, est dans cette veine de femmes sans beauté tapageuse, glamourisées par le make-up et les lumières, à la différence qu’elle est mise en avant surtout pour avoir été la première femme réalisateur dans les années 50 (photo à la Une)

Cycle réalisatrice IDA LUPINO 8/24 décembre sur CINÉ+CLASSIC

 

NAPOLÉON VU PAR ABEL GANCE (Albiana)

Abel Gance débarque à AJACCIO en 1925 pour tourner son « Napoléon ». Il aurait pu tourner en studio mais il veut se frotter aux lieux où le jeune Bonaparte est né et a nourri ses rêves. C’est le processus historique et social qui a mené le jeune Napoléon Bonaparte de la ville de son enfance au destin fabuleux que tout le monde connaît qui intéresse le cinéaste. Hors, ce que lui facilite les choses, est qu’en 1924, la maison Bonaparte à Ajaccio vient d’être offerte par l’héritier de l’impératrice Eugénie à la ville, aujourd’hui devenue un musée. Une histoire peu connue, un livre rare que l’on trouve soit au musée national de la Maison Bonaparte à Ajaccio soit sur le site des éditions Albiana.

PAUL VERHOEVEN, TOTAL SPECTACLE (Playlist society)

Ce livre fait partie d’une collection récente publiée par le site Playlist society, ses auteurs étant tous des rédacteurs du site dirigé par Axel Cadieux. Tout ce que vous pensiez savoir sur le cinéaste Paul Verhoeven est incomplet ou/et lacunaire… Le livre vous en apprendra beaucoup plus même si on peut lui reprocher de verser parfois dans la surinterprètation. Cinéaste insaisissable, tour à tour célèbré ou maudit, Verhoeven fait un carton à Hollywood avec « Basic instinct » mais se plante avec le suivant « Showgirls » qu’on réhabilite seulement aujourd’hui, 20 ans plus tard. Le réalisateur a abordé tous les genres de « Total recall » à « Black book » qu’il retourne tourner chez lui en Europe, lassé de la machine américaine. Ainsi, « Elle », son dernier film,  représentera cette année la France aux Oscars…

MARCELLO MASTROIANI (le latin lover au miroir déformant de sa filmographie) (La Septième obsession)

Comme le livre précédent, le site La Septième obsession a un département édition et c’est désormais en ligne qu’on trouve les nouveaux éditeurs. Si Marcello Mastroiani a la réputation d’un séducteur, d’un latin lover, il le doit plutôt à son physique d’une beauté « accessible » (que Fellini trouvait d’ailleurs banal, ce qui l’avait conduit à l’engager dans « La dolce vita »). C’est plutôt de l’homme viril, du « mâle » prototypal qu’il s’agit bien que l’acteur n’ait cessé de casser son image et d’accepter les rôles qui mettaient cette image en danger jusqu’au grotesque. Mais, sous son apparente désinvolture, il a toujours choisi films et réalisateurs avec une belle intuition, se fondant aux intentions des cinéastes : avec Antonioni (« La nuit »), il est ce latin lover opaque et dépressif, avec Bolognini dans « Le Bel Antonio », son personnage flamboyant s’avère sexuellement impuissant, de Ferreri, il accepte tout, la trivialité (« La grande bouffe »), avec le génial et discret Zurlini, un de ses plus beaux rôles, il sait être tragique comme personne (« Journal intime »), etc… Un livre très facile d’accès, sans doute parce qu’on connaît tous la carrière de cet acteur aimé de tous.

« WARHOL/HITCHCOCK » (Marest éditeur)

Cette conversation entre Andy Warhol et Alfred Hitchcock est la retranscription d’un entretien de 1974 mené par Warhol dans le cadre de sa revue « Interview ». Le maître est en fin de carrière, il vient de tourner « Frenzy » à Londres où il n’est pas retourné depuis trente ans, le créateur de la pop culture, lui, sort de sa période dire maoïste frénétique (2000 illustrations du Grand Timonier). Le livre vaut pour son aspect documentaire où tout est livré avec le parasitage d’interruptions et anecdotes qui n’ont rien à voir avec la conversation mais qui donnent le ton de comment Warhol, égocentrique par essence, menait ses interviews, un ton volontairement décalé, s’intéressant plus à ce qu’il disait lui-même qu’à ce que répondait Hitchcock, ce dernier n’était pas dupe de la manœuvre et jouant le jeu. Plus à lire comme un document sur comment Andy Warhol concoctait ce faux réel dans son magazine afin de donner une impression de réalité enregistrée… dont on imagine sans peine qu’il l’avait bricolée ensuite pour donner l’impression au lecteur la sensation de lire une interview « plus vraie que vraie » …

LA COULEUR DES FILM (Pyramid)

Voilà un énorme dictionnaire chromatique du cinéma qui a dû prendre une vie à son auteur pour classer tous les films (plus de 1000 pages), choisis dans le patrimoine mondial (de « West side story » aux « Pingouins de Madagascar »), en 1000 cercles de couleurs. Un beau livre, très joli dans un rayonnage, mais qui aurait davantage sa place dans une exposition d’art conceptuel, voire une rétrospective sur l’art psychédélique que dans une bibliothèque de cinéphile. Peut-être un livre pour les techniciens du cinéma, toutes catégories confondues? L’œuvre d’un obsessionnel ou d’un facétieux? Plus sérieusement, l’impact des couleurs sur le psychisme ayant été démontrée depuis longtemps, cela peut donner des idées aux cinéastes pour définir une ambiance, affiner un impact sur le spectateur, un peu comme la musique…

UN HOMME CRUEL (Grasset)

Seul roman de cette sélection, c’est le quatrième livre de Gilles Jacob, plus connu comme le délégué du festival de Cannes qu’il vient de quitter que pour ses précédents ouvrages d’inspiration  autobiographique. Il aborde la fiction avec une biographie romancée de l’acteur japonais Sessue Hayakawa qui fut en son temps aussi célèbre et adulé que son contemporain Rudolf Valentino. Sa formation au théâtre Kabuki lui donnera au cinéma ce masque impassible et ce regard de braise qui rendait toutes les femmes hystériques. Mais la vie de Sessue est un roman triste : maltraité par son père, n’ayant pu rejoindre la marine à cause d’un accident qui le laissera sourd d’une oreille, Sessue finira ses jours comme il les avait commencé : dans l’ascétisme. Dans l’intervalle, il connaîtra la gloire, l’argent, les fêtes et l’opium au temps du cinéma muet. Sillonnant le monde, obsédé par le Japon, cherchant vainement à retrouver sa place au soleil, il reviendra par hasard au cinéma dans « Le Pont de la rivière Kwaï » en 1957 (un film qui obtint 7 Oscars mais lui ne l’aura pas, une grande humiliation de plus) avant de s’enfermer dans un monastère à la mort de son épouse. Un livre passionnant et vivant, remarquablement documenté, celui d’un cinéphile raffiné et cultivé.

ET AUSSI…

HOLLYWOOD BABYLONE (Tristram)

Kenneth Anger, cinéaste underground, avait concocté un brouillon de cet ouvrage à Paris en 1959 pour les sulfureuses éditions JJ Pauvert, un livre qui n’a été publié qu’en 1975 aux USA et traduit en français l’année dernière pour le volume rose et cette année pour le volume bleu (la suite). Le dessous des cartes de l’âge d’or d’Hollywood était aussi noir que l’encre… Addictions, viols, meurtres dissimulés, la plupart des stars de l’époque ont échappé de justesse… ou pas… aux scandales. L’affaire la plus connue est celle du dit Fatty, comédien obèse et machine à faire rire le spectateur, le jour, mais féru d’orgies, la nuit, dont une tourna au meurtre avec violences sexuelles d’une starlette qui obsédait la comédien. Charlie Chaplin et ses nymphettes, Errol Flynn et ses détournements de mineures, Bugsy, séducteur, amateur d’actrices glamour et mafioso sanguinaire, Lana Turner et son amant mafieux, Johnny Stompanato, tué à bout portant par sa fille, pour les plus célèbres. Un livre très documenté et foncièrement cruel qui réjouira le voyeur cinéphile mais sommes-nous autre chose en prisanf compulsivement le cinéma? Le volume bleu est moins intéressant, ce sont un peu les « chutes » du précédent.

« L’AMOR DANS L’ÂME » (Les Editions du 38)

Les éditions du 38, conçues au départ uniquement en version numérique, sont aujourd’hui également disponibles en format papier, contrairement aux éditions Playlist Society et La Septième obsession (vues plus haut), qui sont au départ des sites sur le cinéma avec des extensions édition. Dans tous les cas, ces nouveaux éditeurs représentent l’évolution et le présent de l’édition d’aujourd’hui. L’auteur, Sandra Mézière, est cependant intimement liée au cinéma, scénariste, chroniqueuse de cinéma et blogueuse depuis environ douze ans. Son livre est d’autant plus documenté sur les coulisses du festival de Cannes qu’elle l’a arpenté depuis des années et ce n’est pas le seul puisque dans son recueil de nouvelles « Les illusions parallèles », paru dans la foulée, elle emmène le spectateur dans les univers singuliers des festivals de Deauville, Dinard, Cabourg ou Beaune, notamment, qu’elle connaît très bien aussi. Le livre possède plusieurs niveaux de lecture : sous l’angle du thriller, c’est un portrait cruel et sans concessions d’un théâtre souterrain de vanités et de compromissions que l’on découvre sous le vernis overmediatisé et fascinant des soirées privees et de la montée des célèbres marches, via le fameux tapis rouge, suscitant tous les coups bas pour « en être ». Qui a assassiné dans une chambre d’un palace de la Croisette une jeune actrice prometteuse, déjà moralement écartelée entre les désillusions et l’ambition? Parallèlement, ce premier roman, remarquablement bien construit, traite en filigrane de l’idée supérieure de l’amour, rendant toute histoire d’amour impossible dans la réalité, et de l’inconsolabilité de la perte d’un père, aimé inconditionnellement, deuil qui a endeuillé les rêves et sonné la fin de la légèreté d’un autrefois dont les pages ne se referment pas.

« MILLE NUITS VALENT MIEUX QU’UNE » (Fayard)

Bien qu’il ait tourné avec les plus grands réalisateurs de Godard à Melville, la carrière de JP Belmondo change du tout au tout quand, devenu une des deux stars françaises incontournables avec Alain Delon, (un acteur aussi sombre et torturé que lui-même est un comédien hédoniste et lumineux), il produit seul ses films et prend le virage d’une carrière grand public avec des succès XXL en salles comme « Le Professionnel » ou « Flic ou voyou ». Fils du sculpteur Belmondo, issu d’un milieu aisé, il fait les 400 coups avec une bande de copains au Conservatoire, des amis qu’il conservera toute sa vie et fera tourner dans ses films. Il tiendra dans ses bras les plus belles femmes du monde au cinéma et aura avec certaines, les plus somptueuses, comme Laura Antonelli ou Ursula Andress, des relations passionnées dans la vie. Cette auto-biographie, numéro 1 des ventes depuis sa sortie, a l’ambition de raconter toute une vie… ou presque… À noter la parution d’un livre/annuaire photos d’Alain Delon en parallèle par Patrice Leconte.

 

TOUS CES LIVRES viennent de sortir, j’en ai acheté certains, d’autres m’ont été envoyés dans le cadre de la nouvelle rubrique culture inaugurée à la rentrée sur le blog. Merci aux éditions Pyramid, Marest et La Septième obsession.

Annexe

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Posted by:

Camille Marty
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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