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 «La mise à mort de la licorne»📚🎬 : les dessous de l’affaire Dorotty Stratten 

focus livres Peter Bodganovich, 1984, traduction française 18 octobre 2018

Pitch

Le réalisateur Peter Bogdanovich a écrit ce livre en 1984. Dorothy Stratten fut assassinée alors qu’il vivait avec elle une histoire d’amour passionnée...

Notes

Peu après sa séparation avec la comédienne Cybil Shepperd (avec qui il avait tourné notamment «The last picture show») après huit ans de vie commune, le réalisateur Peter Bodganovich mène une vie stupide et désaxée quand il rencontre Dorothy Stratten, une playmate de 19 ans dans une soirée du célèbre château de Hugh Heffner, le fondateur et patron de la revue «Play-boy» dont les mœurs dissolues sont aussi connues que son magazine. Quelques temps plus tard, Dorothy Stratten est assassinée par son maquereau cocaïnomane de mari dans des conditions atroces ; il se suicide ensuite. C’est ce dernier qui l’avait persuadée de quitter Vancouver, sa ville natale, pour habiter LA et faire carrière chez «Play-Boy». Mais il avait négligé le charme indéfinissable de son épouse dont Heffner avait fait sa poupée préférée et plus tard Bogdanovich qui va vivre avec elle une passion brève mais si intense que le fantôme de Stratten le suivra toute sa vie.

Ce livre écrit par Bogdanovich en 1984 raconte d’abord la triste et courte vie de Dorotty Stratten, son enfance volée, la violence des hommes sur sa mère, puis sur elle, sa brève carrière de playmate dont Heffner s’entiche, son mariage de circonstance avec un voyou malhonnête et violent qui planifie sa carrière, sa mort à 20 ans, violée, torturée, massacrée par ce même mari qu’elle voulait quitter pour le réalisateur Peter Bogdanovich, éperdu d’amour, avec qui elle venait d’entamer une carrière d’actrice. Un film fut d’ailleurs réalisé plus tard sur le sujet : «Star 80» avec Mariel Hemingway de Bob Fosse en 1983.

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«They all laughed (Et tout le monde riait», 1982) avec Audrey Hepburn, Ben Gazzara, Dorotty Stratten

Bogdanovich raconte ensuite ses quelques mois de passion avec Dorotty heure par heure, presque minute par minute, et son obsession pour cette jeune femme ira si loin qu’il rachètera après le drame les droits de son propre film avec Dorotty Stratten (« They all laughed »/«Et tout le monde riait») pour le distribuer lui-même en 1982, ce qui le ruinera durablement. Il épousera même sa jeune sœur cadette, Louise Stratten, 6 ans plus tard.

Dorotty Stratten et Peter Bogdanovich

Dorotty Stratten et Peter Bogdanovich

D’une affaire sordide avec une girl next door plus jolie et intelligente que les autres  (il publie des extraits de ses poèmes qui sont très lucides) mais tout aussi crédule et ambitieuse, broyée par le star-system des playmates de Hugh Heffner qui en faisait collection, victime d’un fait divers sordide particulièrement ignoble, Bodganovich raconte sa version des faits : un conte de fées avec une créature à la beauté insensée, victime née, angélique et pudique, égarée au pays de la luxure.

Il semble pourtant que le charme de Stratten tenait plus à son regard voilé d’enfant battue sous le sourire immense et trop forcé qu’à son corps parfait de sirène et sa blondeur platinée factice ou plutôt au mélange des deux : un peu comme Marilyn, à qui le réalisateur la compare souvent, qui avait conservé son regard d’enfant triste sous son sourire permanent et les attributs voyants de la séduction extrême.

Malgré tout, les viols et les violences extrêmes infligées à Stratten évoluant dans un monde machiste et univers où tout le monde prend de la cocaïne pour se donner un coup de fouet, comme on prendrait des comprimés de vitamine C, et dont la naïveté fait tout accepter font étrangement écho avec l’actualité d’aujourd’hui et le mouvement de défense des femmes battues…

 

Et aussi

Le réalisateur Peter Bogdanovich, roi déchu du Nouvel Hollywood, aurait pu et dû être aussi célèbre qu’un Scorsese ou un Coppola ou encore un Friedkin. Jusqu’à ce que deux d’entre eux, Spielberg et Lucas, dérivent vers un cinéma grand public très lucratif que tout le monde connaît… Ils signaient  ainsi la Fin du Nouvel Hollywood…

Bien connu des cinéphiles, surtout pour « The last picture show » (1971) (qui sort en DVD) et  «What’s up Doc?» (1972), son plus grand succès public de l’époque, on le réhabilite aujourd’hui, non seulement au proche 10º festival Lumière de Lyon (lire mon post…*), mais aussi en reprenant au cinéma le 17 octobre un film de 1979, tombé dans l’oubli le plus total, «Saint Jack» («Jack le magnifique») avec Ben Gazzara, tourné à Singapour.

Photo Carlotta

Photo Carlotta

*Lire aussi…

Événement Bogdanovich, octobre 2018

 

 

Diffusion

ÉDITIONS CARLOTTA

Parution 18 octobre 2018

Notre note

3.5 Stars (3,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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