Ouverture du 33ième festival de Deauville et hommage à Michael Douglas + « King of California »


Michael Douglas signe des autographes aux journalistes après la conférence de presse (photo Vierasouto)
 


Michael Douglas pendant la conférence de presse (photo Vierasouto) 

conférence de presse

Première conférence de presse du festival avec Michael Douglas arrivé l’après-midi : seul sur l’estrade avec la pétillante traductrice qui essaye de recadrer les questions, il ne semble pas pressé de défendre le film qui fera l’ouverture du festival le soir « King of California » et préfère parler de sa famille. Et surtout du conte de fée Deauvillais dont il a été victime il y a neuf ans : il venait présenter « Perfect murder » au festival et, comme il l’a dit lui-même, il a trouvé « the perfect wife », c’est à dire Catherine Zeta-Jones venue de son côté présenter « Zorro » à Deauville. Bilan : 7 ans de mariage et deux jeunes enfants, une nouvelle famille pour qui il fait désormais passer sa vie professionnelle au second plan. Car de son précédent mariage et de ses enfants dont un fils de 27 ans aujourd’hui, il confesse qu’il avait alors pour priorité, comme son propre père Kirk Douglas, sa carrière. Est-ce facile de se démarquer de l’ombre de ce géant? Un moment d’émotion passe dans la salle quand Michael Douglas parle de son père, nonagénaire, qui a entamé le troisième round de sa vie avec pas mal d’ennuis de santé et d’accidents mais dont il admire la dignité, l’acteur a alors les larmes aux yeux, une partie de la salle l’applaudit timidement. Mais il parle aussi de sa mère Diana, c’est elle, actrice moins connue que son père, qui lui a enseigné la joie de jouer, à 87 ans, elle monte encore sur les planches.

Sur « King of California », on grapille quelques infos, c’est un premier film, il l’a choisi à cause du scénario tellement original, méfiant tout de même quant aux capacités du réalisateur, il a fait avec lui une lecture du texte de trois jours pour le tester, savoir comment il imaginait tout le film et pas seulement son rôle. Film indépendant à petit budget, le tournage fut rapide, il a fait confiance. Le pitch : un père irresponsable voudrait que sa fille lui fasse enfin confiance, l’adulte, c’est elle… Il sort de deux ans d’internement et a trouvé sur internet le plan d’un trésor caché, il essaye de la convaincre de partir le chercher avec lui… L’écueil dans ce genre de rôle de composition, c’est d’en faire trop…

Au début de la conférence de presse, on a demandé à Michael Douglas ce qu’il pensait de son double statut d’acteur et producteur et la réponse a été assénée clairement : ce n’est pas agréable de faire les deux en même temps, l’acteur est « selfish » et le producteur doit tout embrasser sur le plateau, exemple des films qu’il a produit et où il avait le rôle principal comme « Le Syndrome chinois » ou « A la Poursuite du diamant vert ». Et avec un humour flegmatique, il fait remarquer sur le plaisir de jouer qu’on en a autant en amont pour tourner un film qui va marcher ou pas!!!

Sur la télévision, Michael Douglas explique qu’aux USA les scénaristes de cinéma ont émigré à la télé pour des raisons financières et qu’il n’y a plus beaucoup de différence avec le cinéma en termes de qualité, d’ailleurs, il a débuté dans une série télé « Les Rues de san Francisco », c’est là qu’il a tout appris. Il ne serait pas contre un film télé mais pas une longue série. Ses projets au cinéma ont rétréci, beaucoup de fatigue pour monter ces projets mais il en reste 3 sur les 9 envisagés dont une comédie avec son épouse Catherine Zeta-Jones. Il y aura bien une suite à « Wall st » mais le scénario n’existe pas encore.

Ses films préférés sont ceux où il a pris des risques, c’est ce qui le motive dans le choix des films, parmi ceux qu’il a tournés, il cite « Chute libre », « Fatal attraction », « La Guerre des Rose », « Black rain » et « Wonderboys ».

 

Festival pratique : obtenir une invitation, c’est possible mais pas pour tout le monde : en effet, vers 16 heures, on a distribué au point info du village US environ une centaine d’invitations aux détenteurs de Pass permanents pour le film d’ouverture, c’est ainsi que j’ai eu la mienne! Quand je suis arrivée à 16h15, la file d’attente était déjà longue et quand ce fut mon tour, il s’agissait des dernières invit! Donc, il faut arriver en avance, surtout demain samedi pour « The Bourne ultimatum » le soir.

Soirée d’ouverture

Pendant la soirée d’ouverture, Michael Douglas va répéter une partie de ce qu’il a dit en conférence de presse au mot près. Il y a 30 ans, son père a reçu un hommage au festival naissant de Deauville, à présent, c’est son tour. La cérémonie d’ouverture est bavarde avec le maire de Deauville, l’ambassadeur des USA et la longue intervention du directeur du festival pour l’hommage à Michael Douglas, une heure entière avant la projection du film. Bon moment de la soirée : un florilège des extraits de ses films qui donnent envie d’en revoir certains comme l’excellent « Chute libre ». On note la présence très remarquée de Catherine Deneuve ultra-classe en imperméable de soie noire et petit sac Fendi lamé, hauts talons très fins noirs, au bras du futur président du jury André Téchiné qu’elle est venue soutenir, la compétition ne commence que lundi.

« King of California »


Charly, père barge irresponsable sort de deux ans d’internement dans un HP, sa fille, qui l’a toujours tenu à bout de bras, vient le chercher et les ennuis recommencent. Cet éternel looser, musicien de jazz raté, a eu le temps de trouver sur internet les plans d’un trésor caché il y a 300 ans. Espérant que sa fille va lui faire enfin confiance et qu’il ne la décevra pas, Charly la persuade de partir avec lui à la recherche du trésor. Fable sur les relations père et fille et la réconliation possible, le récit prend prétexte de cette histoire de trésor totalement farfelue pour opérer au rapprochement. On assiste à un Michael Douglas show en personnage de doux cinglé chevelu, hirsute, barbu, regard en billes de Loto et ridé comme une vieille pomme (pas du tout comme ça à la conférence de presse, au contraire, brushing dégradé blond cendré, lifting, hâle californien, etc…). Une musique décalée à fond la caisse réveille de temps en temps ce film plat où il ne se passe pas grand chose que d’attendre la scène suivante… Les personnages secondaires sont rares et une bonne partie du film met en scène le tête à tête père et fille avec une actrice talentueuse et charmante, heureusement… Pour le reste, possible que ça fasse rire certains spectateurs, c’est une question d’humour, pour ma part, j’ai trouvé le temps long…

 

Festival pratique et infos :

Yasmina Reza a annulé sa participation au jury, sera-t-elle remplacée?

Michael Douglas est venu seulement pour 24 heures sans sa femme dont il parle tout le temps.

Monica Bellucci, arrivée cet après-midi, a rapidement participé à une émission de France 2 en direct de la salle à manger de l’hôtel Royal. Elle présentera le film « Shoot’em up » samedi soir à 22h30 au CID.

La conférence de presse de Matt Damon, arrivé le premier jeudi soir, est prévue à 14h30 samedi et « The Bourne ultimatum » à 19h45 au CID et à 20h au cinéma du Casino.

2 documentaires top demain « Sicko » de Michael Moore au CID à 17 h et « Brando » au cinéma du Casino à 16h30.

 



 

 

 

 


 

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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