«Une confession » : chef-d’œuvre oublié du polar noir

focus livres Parution 14 mars 2019

Pitch

John Duxburry a réussi socialement et épousé une femme qu’il aime. Mais, désabusé, malheureux, il écrit son journal...

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Chemin faisant, au cours de la lecture de ce livre, on pense à «Garde à vue», l’ambiance, sans doute… le style classique et le propos cruel, lucide, désabusé ; mais quand arrive la confrontation entre John Duxbury et l’inspecteur Harper, il n’y a plus de doute. Et on apprend ensuite en se documentant que John Wainwright avait justement écrit «Garde à vue» (adapté au cinéma en 1981 d’après le roman «Brainwash » paru en 1979), donc, quelques brèves années avant «Une confession»…. Sauf que pour ce dernier, la traduction française a bien tardé… écrit en 1985, on doit aux éditions Sonatine d’avoir retrouvé et publié en ce chef-d’œuvre en mars 2019. Simenon que ce livre fascinait l’avait sans doute lu en VO…

Dans la première partie du livre, John Duxbury écrit son journal et décrit une vie de frustrations conjugales que personne ne soupçonne sous des signes extérieurs de réussite sociale et familiale. Une entreprise d’imprimerie florissante, que Duxbury a créée à partir de rien, une maison superbe, un jardin magnifique, et Maude, cette épouse qu’il a tant aimée et aime toujours, et qui n’a cessé depuis son mariage de l’humilier et de le tenir à distance. Décrite dans ce journal comme une femme acariâtre ne supportant pas la moindre contrariété et qui n’hésite pas, par exemple, à le mettre à la porte de leur chambre quand elle est fâchée. Ce journal interminable en plusieurs cahiers est destiné à être lu par son fils après sa mort.

Un jour que ce son fils lui conseille de partir en vacances avec sa mère, John se rend compte qu’il ne prend jamais de vacances depuis années ; il choisit un bel hôtel au bord de la mer où il n’y a pas grand monde hors saison. Un couple de BoBos végétariens, les Foster, l’agace à l’interpeller qu’il ne devrait pas fumer et il les remet à leur place. Lors de la dernière soirée, une fête ayant eu lieu dans l’hôtel, Maude semble ravie. Car ce sera sa dernière soirée… Lors d’une banale promenade le lendemain matin sur un sentier au bord des falaises, Maude fait une chute mortelle en glissant sur une racine. John reste prostré longtemps avant d’appeler les secours, hébété, persuadé qu’elle a été tuée sur le coup.

La police enquête et conclut à un accident. Plusieurs jours plus tard, le dénommé Foster vient déclarer qu’il a vu le mari pousser sa femme. Hors, Foster a des antécédents de dénonciations. Que penser de sa déclaration? Bien que sa hiérarchie ait classé l’affaire et qu’il soit très difficile de remettre les conclusions d’une enquête, l’inspecteur Harry Foster n’est pas convaincu par la thèse de l’accident. Surtout après une conversation avec son fils qui a notamment parlé du couple que formait ses parents. Contre l’avis de ses chefs, l’inspecteur Foster va se confronter frontalement à John Duxbury. Ici, on retrouve le principe du (magnifique) tête à tête de «Garde à vue» ; bien que l’histoire soit totalement différente, un thème est récurrent chez l’auteur : la mise au rebut du mari, le principal personnage, par une épouse insatisfaite.

La narration est assez simple. Alternent principalement des chapitres où John Duxbury écrit son journal et les chapitres des pensées de Harry Foster. Simple et redoutablement efficace.

En lisant ce livre , on se rend compte assez vite qu’on a affaire à un véritable chef d’œuvre du polar noir.

 

Diffusion

ÉDITIONS SONATINE

parution VF 14 mars 2019

#netgalleyfrance

Notre note

(4,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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