« Hanezu » : l’ennui zen et chic d’un film pour festivals

Naomi Kawase, sortie 1er février 2012

Pitch

Dans la région d'Asuka, à Nara, berceau du Japon, deux générations s'affrontent par images interposées : les anciens qui avaient le plaisir de l'attente des évènements extérieurs, les modernes qui veulent régenter rapidement leur vie.

 

Le film compare deux générations, celles d’autrefois qui se satisfaisaient de l’attente, y trouvaient du plaisir, et celles d’aujourd’hui, ayant perdu le sens de l’attente, incapables de profiter du présent, s’accrochant à l’illusion qu’ils ont le pouvoir de diriger les choses, les évènements. La réalisatrice montre surtout la nature mais deux natures, celle de la région d’Akusa, à Nara, le berceau culturel du Japon, où réside la réalisatrice :  avec trois montagnes qu’on disait jadis habitées par des dieux, considérées comme l’expression du karma humain. Les montagnes sont toujours là mais le couple moderne Takumi et Kayoto, qui habitent la région, héritiers des espoirs non réalisés de leur ancêtres, passent à côté de leur vie.


photo Memento

 

Hanezu est un mot ancien apparu dans la poésie japonaise du 8° siècle (Manyoshu) riche de 4500 poèmes, il signifie un ton de rouge. Or, il a été dit que le rouge est la première couleur que reconnaît l’être humain, la couleur du sang, du soleil, du feu. Néanmoins, le rouge est fragile, s’affadit, se décolore, on le voit dès le début du film quand Takumi teint un tissu avec une teinture rouge cerise, dont on se demande, à première vue, si c’est du sang ou du colorant, et fait sécher ensuite des étoffes à rosées et pas rouges. Et le sang d’un homme brisé coulera vers la fin du film…

Un homme et une femme qui en aime un autre, l’avoue enfin bien tardivement, le conduit au désespoir. Pas sécurisée par l’autre homme, cette femme lui fait croire qu’elle a avorté de leur enfant qu’elle portait, l’homme hurle sa douleur. Adéquation entre les liquides naturels et corporels, la pluie, les larmes, la lave, le sang, etc…

PS. J’ai vu le film au festival de Cannes en mai dernier dans une salle du marché du film où il y avait surtout des spectateurs japonais, ce qui n’a pas empêché la salle (pas immense) de se vider d’un bon tiers au cours de la projection… Jusqu’où faut-il s’ennuyer pour voir des films qui pourraient diversifier nos centres d’intêret?

article publié le 18 mai 2011 sur le blog spécial www.cinemaniacannes.fr après la présentation du film au festival de Cannes…

 

Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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