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« Cinéastes » volume 2 : le cinéma au masculin (?)

focus TV Diffusion CINE+29 septembre et 10 octobre 2015

Pitch

En 2013, le documentaire "Cinéastes" interrogeait les réalisatrice sur un possible cinéma au féminin, en 2015, "Cinéastes 2" pose la même question aux réalisateurs.

Notes

Après le volume 1 de « CINÉASTES » ( « Le Bal des réalisatrices »), projet initié par la chaîne CINÉ+, nous voilà repartis pour de nouvelles aventures identitaires, questionner les réalisateurs en attendant, sans doute, d’aller explorer d’autres contrées car il ne s’agit ici que de cinéma français.

A la question, « C’est quoi pour vous le cinéma au masculin »? », une chose me frappe d’entrée sans avoir revu le volume 1 : la sincérité des réalisateurs interrogés qui tombent des nues, leur embarras dans le genre « jamais pensé à cette question, je sèche ». Dans le volume 1 (« C’est quoi le cinéma au féminin? »), les réalisatrices n’étaient pas aussi cool, les femmes ont combattu pour obtenir les mêmes droit que les hommes, ce n’est pas un sujet léger.
Car ces deux doc sont le miroir de l’évolution de la société : l’homme amusé de la question, oubliant quelques instants son hégémonie en péril depuis un demi-siècle, puis, soucieux de ne pas dire une bêtise qui lui attirerait les foudres des femmes, mieux, souvent empli de bonne volonté, les temps ont changé, ils le savent mais il leur faut quand même se souvenir de s’en souvenir, ce n’est pas encore naturel pour eux l’égalité hommes-femmes. Amalric, ni jeune ni vieux, est à la croisée des chemins, résumant qu’après 2000 ans de domination masculine, c’est « tombé » sur sa génération, quoi donc? Le gommage des genres ou quelque chose comme ça.

Chemin faisant, la pensée se structure, si au début, tous confondent le cinéma sur les femmes (citant Bergman comme maître) et le cinéma réalisé par des femmes (toutes générations confondues, cela va de Bertrand Tavernier, Claude Lelouch à Jerome Bonnel et Arthur Harari). D’un Lelouch confessant qu’il fait du cinéma à destination des femmes, des spectatrices, on arrive à la problématique de la féminisation des hommes et de la virilisation des femmes. De tout temps, certains acteurs, comme Depardieu, ont très bien assumé leur part féminine. Bertrand Blier, qui l’a lancé dans « Les Valseuses » l’a cependant employé dans ce film qu’il qualifie lui-même de « macho et misogyne ». A noter l’intervention de Guillaume Gallienne, pour lui, « Chaos » de Coline Serreau (citée par ailleurs) est un film misandre. En revanche, Jacques Audiard (dont on a sans doute oublié le titre de son premier film « Regarde les hommes tomber »), filme les hommes comme les femmes, ce sont leurs défaillances qui l’intéressent.

Besson affirme qu’il ne fait pas plus de différence entre un homme et une femme qu’entre un maigre et un gros, qu’il se sent très féminin quand il filme. Belle démonstration illustrée par une vantardise : il ajoute que l’émergence des femmes puissantes au cinéma démarre avec son « Nikita ».

Seul réfractaire, Bruno Dumont ne démord pas du schéma d’un cinéma qu’il nomme lui-même primitif avec un homme « copulateur de base » et d’ajouter qu’aujourd’hui « les hommes sont perdus ». « Il y a une telle attraction de l’homme pour la femme que ça fait toute l’histoire du cinéma ».

Blier finit par dire quelque chose d’essentiel, mine de rien, qui a trait au regard féminin derrière une caméra : filmé par Nicole Garcia, Jean Dujardin n’a jamais été aussi beau (« Un balcon sur la mer »)

Enfin, la vérité sans sexe semble émerger, la séduction, désir, au cinéma, l’acteur, l’actrice doivent être l’objet du désir de la caméra… (Mot féminin…), Cédric Klapisch ajoute que le cinema homosexuel d’un Almodovar a ses débuts a rendu possible l’homme objet du désir filmé par un homme, brouillant les frontières de l’altérité.

 

Et aussi

Julie Gayet et Mathieu Amalric (photo Ciné+)

Julie Gayet et Mathieu Amalric (photo Ciné+)

 

La réalisation de ces deux documentaires a été confiée à un binôme « amateur » et qui le revendique : la comédienne productrice Julie Gayet et le comédien tendance réalisateur Mathieu Busson, l’une pose les questions, les deux filment tour à tour. Julie Gayet disait dans « Grazia » à propos de ce doc « filmer est un acte politique »… Retour au miroir de la société cité plus haut.

Politique aussi l’enterrement d’Alice Guy? Alice Guy, 1920, première cinéaste de tous les temps (700 films dans le cadre de la Gaumont), fut niée, oubliée au profit de Méliès, des frères Lumière… Le premier réalisateur était donc une femme (dans les suppléments du doc on voit un discours de Martin Scorsese la réhabilitant.)

 

Annexe

lire aussi : « Le Bal des réalisatrices »…

Volume 1 de "CINEASTES"

Volume 1 de « CINEASTES »

Diffusion

Diffusions :

29 septembre et 10 octobre 2015 à 20h45

CINE+ Emotion ou sur CINE+ / CanalSat  » à la demande »

 

Notre note

3.5 Stars (3,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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