18 - 07
2009
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Dans la série "Les Introuvables" éditée par Wild side vidéo, il y a quelques pépites ("Electra glide in blue", par exemple, sorti en DVD à la même date) et d'autres curiosités pour amateurs du genre, comme ce "Wanda's café", tourné par celui qui fut l'assistant d'Alan Parker et aussi une fois son scénariste, Alan Rudolph. Partant d'une chanson pour écrire ses scénarios, ici Rudolph choisit "Trouble in mind" de Marianne Faithfull qu'on entend dès le générique. Pourquoi l'égérie des Stones du Londres des années 60 dans un film excessivement années 80 qu'on pourrait dater depuis la première image, pour la nostalgie, son come-back dans les années 80?
Quoiqu'il en soit, le film est stylisé, coloré, outré, très daté, hybride entre la comédie burlesque, un zeste de comédie romantique et des clins d'oeil lourdingues, myopes, au film noir, comme le choix du travesti Divine, connu plutôt chez John Waters, dans le rôle d'un caïd ou cette métamorphose de Keith Carradine de hippie triste en truand mi-clown mi-punk. Un film noir dénaturé à la lumière crue des eighties célébrant le profit et l'individualisme, l'anti-naturel et les teints livides maquillés à la truelle.
Dans le bar de la nostalgique Wanda (Geneviève Bujold), ancienne séductrice, se croisent tous les paumés de la terre, ainsi, Hawk (Kris Kristofferson), son ancien amant, ex-flic qui vient de sortir de prison, teigneux, ténébreux, sans scrupules. Pendant ce temps, un couple de hippies, Coop (Keith Carradine) et Georgia, décide de revenir en ville pour gagner de l'argent et élever correctement leur enfant. Coop va rapidement être embringué dans la maffia locale et subir une transformation physique grotesque, le beau hippie devient un punk d'opérette, maquillé un peu comme David Bowie pour "Ziggy Stardust", le trip décadent en moins, les cheveux gominés à la glue. Wanda recueille alors Georgia...
Le film a un style qu'il faut aimer, ce serait même apparemment le but de l'entreprise, fabriquer un film stylé et stylisé, un film qui ne ressemble pas aux autres, un film hanté par l'univers de la musique, sans doute, avec ses néons et ses personnages irréels qu'on dirait tirés d'un livret d'opéra, d'opérette. Cette volonté extrême d'originalité gomme le sujet qui n'intéresse pas grand monde, pas plus le réalisateur que le spectateur, d'ailleurs, quel est-il excepté les errances des personnages, comme on dit, le passage des années 70 aux 80, des hippies aux dandys punks, des utopies libertaires au matérialisme, peut-être... Ni parodique ni réaliste, un peu tout et rien à la fois, le film mise sur le ton, l'ambiance, l'hyperstylisation, la forme, en deux mots.
DVD Wild side vidéo, collection "Les Introuvables" (disponible à la FNAC).
Bonus : regard sur le film par Jean-Baptiste Thoret (ça donne quelques pistes). Sortie 8 Juin 2009.
Note CinéManiaC :

Mots-clés : CinéDVD, cinéma américain, cinérécent, Wandas café, Alan Rudolph


































































Commentaires
Aaaaah Kris...
Hello !
Encore un film vu dès sa sortie et plus visionné par la suite. Je me souviens de la voix de Marianne, des couleurs chatoyantes (voui, très "arty", j'en verrai pas quinze comme ça, mais Trouble in mind me convient) et d'excellentes interprétations d'acteurs pas mainstream pour un rond mais que j'apprécie beaucoup, Miss Bujold en tête, plus l'apparition de Divine en divin mafieux... J'ai dans ma besace de vacancière les trois sorties de WildSide, Electra, Wanda et le film de Kazan.
Quant à Kristofferson, bon, j'en suis dingue alors, même la trilogie de Blade je veux bien la revoir...
A bientôt pour d'autres beaux souvenirs cinématographiques !
FredMJG - 19.07.09 à 16:20 - # - Répondre -
← Re: Aaaaah Kris...
On est pareil alors, j'ai aussi le film de Kazan sous le coude que je vais regarder bientôt, en fait, c'était celui qui me tentait le plus. Les eighties ne sont pas ma tasse de thé, c'est le moins qu'on puisse dire, mais c'est vrai que le casting rattrape bien les choses, Geneviève Bujold assez rare mais un peu vieillie tout de même, je la revois face à Belmondo dans un film mais lequel... Je suis moins cliente de Kris K, un peu bourru... Bonne vacances alors! (et tout comme le précédent, "Electra glide..." je n'avais pas vu ce film à sa sortie non plus...)
vierasouto - 20.07.09 à 01:46 - # - Répondre -
← Re: Aaaaah Kris...
Je crois bien que les Bebél/Geneviève se sont croisés à deux reprises, pas plus... Pour Le voleur de Malle où ils étaient tous deux minots et fort mimis puis pour L'incorrigible de de Broca où ils avaient - ben ma foi - fort vieillis... Mes deux films de chevet avec la Bujold sont l'Obsession de de Palma et surtout, ô grand surtout, Faux semblants de Cronenberg... (quoique son face à face avec Eastwood dans La corde raide était également fort troublant).
Le Kazan est excellent, la direction d'acteurs à tomber et le scénario d'une cruauté sans égale... Sacré Elia !
Quant à Kris, brut de décoffrage, pas de problème, je me le garde... :oD
Bonne journée
FredMJG - 20.07.09 à 13:52 - # - Répondre -
← Re: Aaaaah Kris...
C'était "L'Incorrigible", grand film d'auteur... et une fois de plus, si j'ai vu "Obsession", comme tous les De Palma, pas vu le Cronenberg, un réalisateur qui me met trop mal à l'aise... il faudra que je m'y mette un soir avec un petit drink pour tenir le coup... Pour le Kazan, cette semaine, j'ai préféré me noyer hier dans mon rattrappage des épisodes de la série "Mad men" à laquelle je suis accro, l'acteur qui joue Don Draper (le chef de pub) est d'une séduction torride, un peu Sean Connery jeune en plus ambigu et désenchanté, un must... Et tout le monde fume tout le temps (années préhistoriques 60), ça fait du bien...
vierasouto - 21.07.09 à 17:43 - # - Répondre -